Sète plage (56 km)

Séparée du continent par l’étang de Thau, la ville créée par Louis XIV dégage une atmosphère particulière. Le 29 juillet 1666, le port est inauguré et la ville dédiée à Saint Louis. Sète se spécialise dans le commerce du vin et la bourgeoisie viticole n’a de cesse que de se comparer à celles de Montpellier ou de Béziers.

Etonnante ville qui apparaît comme une juxtaposition de quartiers habités par des populations diverses qui se retrouvent à l’occasion des fêtes, des manifestations comme les joutes qui se déroulent tout l’été, une véritable institution.

Au pied du Mont Saint-Clair qui culmine tout de même à 183 mètres, pour se rendre au lycée qui porte désormais son nom, il suffisait au jeune
Paul Valéry d’emprunter la rue Rapide, anciennement bien nommée rue Rompe-cul et de grimper au Quartier-Haut. De là, on découvre la mer tout autour du mont. C’est sans doute pour cette vue tant aimée qu’il décida d’être enterré face à l’immensité marine, au cimetière Saint-Charles devenu Cimetière marin par la grâce d’un poème qui le rendit célèbre.

Vous verrez parfois l’orthographe Cette sur de vieilles cartes ou affiches. L’orthographe définitive de la ville n’a été adoptée qu’en 1928. Pendant plus de 200 ans, les deux écritures sont présentes: Sète viendrait de settim, en phénicien, le lieu boisé surplombant la mer ; Cette viendrait de cetus, en latin, le cétacé. Dans les deux étymologies on retrouve l’évocation du Mont Saint-Clair, cet endroit boisé en forme de baleine haut de 175 mètres. Un belvédère naturel pour surveiller le passage des vaisseaux et des galères, mais aussi un lieu sacré qui accueille depuis le XIIe siècle un oratoire devenu chapelle en 1861. Quant à la croix en ciment électrifiée, elle a remplacé en 1932 l’ancienne croix en bois.

La ville de Sète ne voit officiellement le jour qu’en 1666 par décret royal. Dès le début du XVIIe siècle, le roi Henri IV cherche un nouveau port à construire en Méditerranée suite à l’ensablement des ports d’Aigues-Mortes et Narbonne. Dans les années 1660, Pierre-Paul Riquet en charge de la construction du Canal du Midi reliant Toulouse à la Méditerranée cherche le point d’arriver de son canal côté est tandis que Colbert recherche où installer une nouvelle place forte dans la région. 1666, la ville de Sète est née, les grands travaux commencent. Cependant, la ville ne prit réellement son essor qu’au XIXe siècle avec l’arrivée du chemin de fer. A cette époque les deux passerelles en bois sont également remplacées par des ponts.

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7.9.2021 – Authenticité, terroir, patrimoine culinaire, plages : tout est là. Des canaux qui quadrillent la ville, le Mont Saint-Clair offrant un panorama exceptionnel jusqu’aux Pyrénées, un port de pêche en centre ville, 12 km de plages de sable fin, assurément Sète dispose de tous les atouts pour une découverte typique et surprenante.

Véritable bijou écologique, cette mer intérieure vous attend sur 20 km de long sur 5 km de large. Séparée de la Méditerranée par un long cordon de sable, le lido, ses eaux salées en font un lieu d’élevage d’huîtres et de coquillages depuis l’Antiquité. Unique en France et classée Natura 2000, la lagune est un réservoir de biodiversité abritant près de 400 espèces végétales et 100 espèces animales dont la palourde, l’escargot de mer, l’oursin, la daurade, le muge, le loup et le célèbre hippocampe qui attire des plongeurs du monde entier.

Les parcs à coquillages de l’étang de Thau occupent plus de mille trois cents hectares sur l’eau.  Les coquillages sont la principale ressource de l’étang de Thau. 2800 tables conchylicoles réparties entre 800 exploitations assurent l’élevage des huîtres et des moules. Prenez le temps de déguster l’huître creuse de Bouzigues : charnue, fine en bouche et d’une remarquable qualité gustative. Les exploitations conchylicoles (Mas) qui produisent ces coquillages sont de petite dimension, le travail s’effectue en famille, elles occupent la quasi-totalité de la rive nord de l’étang. Le musée de l’étang de Thau à Bouzigues vous invite à découvrir les activités principales des riverains : l’élevage des huitres et des moules (conchyliculture) et la pêche.

La plage de la Baleine© Wiki Média

A l’extrémité ouest de la ville, se trouvent les plages de Sète. Été comme hiver, on peut aller s’y baigner ou flâner sur le sable fin, pour profiter d’un long cordon de plage mouillée par les flots bleus. Sept magnifiques plages se trouvent entre le centre-ville de Sète et Marseillan, avec vue sur le Mont Saint-Clair : la plage du Lazaret, la plage de la Corniche, la plage du Lido, la plage du Castellas, la plage de la fontaine, la plage de la baleine et la plage des 3 digues. De larges parkings à proximité permettent de se garer même en pleine période estivale.

Le Môle Saint-Louis est la jetée qui ferme le port de plaisance de Sète. La première pierre du môle Saint-Louis fut posée le 29 juillet 1666. Une balade le long de cette digue vaut un coup d’œil, pour admirer la ville comme si l’on était dans l’eau. Au bout de la jetée, le phare du Môle Saint-Louis permet une belle vue sur le port de plaisance.

Pour en savoir plus, consultez le Bloc Marine Méditerranée !

Sète – le Lido (Patrice Blot – SAIF images)

Entrer sur les salins équivaut à découvrir un univers mêlant sel, eaux, végétation et faune. Cette friche salinière est en effet largement influencée par la présence immédiate au nord et au sud du vaste étang de Thau (plus grande lagune du Languedoc-Roussillon avec7 500 ha) et de la mer Méditerranée et située sur un important axe migratoire entre l’Afrique et l’Europe du nord.

Les couleurs y sont très changeantes que ce soit au fil des saisons ou même des heures : eaux des anciennes « tables salantes » virant du bleu turquoise au rouge, cycles de la végétation et des floraisons…

Enfin le site offre un panorama assez exceptionnel sur l’arrière pays héraultais : du Pic St Loup au Mont St Baudille (848m).

Entrer sur les salins équivaut à découvrir un univers mêlant sel, eaux, végétation et faune. Cette friche salinière est en effet largement influencée par la présence immédiate au nord et au sud du vaste étang de Thau (plus grande lagune du Languedoc-Roussillon avec7 500 ha) et de la mer Méditerranée et située sur un important axe migratoire entre l’Afrique et l’Europe du nord.

Les couleurs y sont très changeantes que ce soit au fil des saisons ou même des heures : eaux des anciennes « tables salantes » virant du bleu turquoise au rouge, cycles de la végétation et des floraisons…

Enfin le site offre un panorama assez exceptionnel sur l’arrière pays héraultais : du Pic St Loup au Mont St Baudille (848m).

Pour bien comprendre Sète, il faut prendre de la hauteur, grimper jusqu’aux panoramiques du mont Saint-Clair. La récompense est au bout de l’effort. Bien sûr, vous découvrirez le panorama remarquable depuis le site aménagé au pied de la croix, visible des kilomètres à la ronde, mais ne manquez surtout pas de visiter la chapelle Notre Dame de la Salette. Sans prétention de l’extérieur, ses fresques intérieures et ses ex-votos déposés par les familles de pêcheurs ne vous laisseront pas indifférents. Émotions garanties !

5.8.2021 – La découverte de la vue depuis le point culminant de Sète provoque un enthousiasme certain chez les touristes. 

“Incroyable”, “incomparable” ou encore “magnifique” sont les termes qui reviennent quand il s’agit d’évoquer la vue offerte par le mont Saint-Clair, le point culminant de l’île singulière. Sur place, la croix Saint-Clair, blanche et imposante, elle est facilement visible depuis votre véhicule en arrivant à Sète, côté Est. Jouxtant la croix, un large balcon, avec notamment des jumelles télescope, permet de voir aisément différents quartiers de Sète. 

La colline abrite aussi la chapelle Notre Dame de la Salette, construite à l’emplacement de l’ancien fortin Montmorencette bâti jadis par Louis XIII. Les touristes apprécient la visiter pour ses belles fresques intérieures. Par ailleurs, le toit terrasse du presbytère, situé juste à côté de la chapelle, offre un panorama encore plus large que le point de vue offert au pied de la croix, de quoi admirer pleinement la beauté du paysage héraultais. 

Aller sur place

Pour vous y rendre à pied depuis le centre-ville sétois, empruntez la rue Paul-Valéry, puis la rue Louis-Ramond, qui vous conduira rue de Belfort pour emprunter ensuite le chemin de Biscan Pas, où de longues marches vous permettront d’accéder en haut de la colline pour admirer la fameuse vue. Cette vue justement, prisée des touristes mais également des Sétois en quête d’escapade, offre un grand spectacle, des parcs à huîtres sur l’étang de Thau jusqu’au port de Sète à l’autre extrémité. Le pic Saint-Loup ou encore les Cévennes sont également en ligne de mire, de quoi récompenser les efforts consentis pour atteindre le Graal. Un autre parcours est possible pour accéder à la plateforme panoramique. Vous pouvez en effet marcher sur le chemin du Glacis, jusqu’à atteindre le chemin de Montmorencette, qui vous fera atterrir au lieu convoité.

Mais d’autres possibilités s’offrent à vous, en dehors de l’accès pédestre. Vous pouvez emprunter votre véhicule ou bien le bus de la ligne 5 pour atteindre le belvédère et contempler l’horizon. À noter qu’un parking gratuit est accessible sur place pour vous garer.

C’est au bout du môle Saint-Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville, que trône le phare Saint-Louis.

Le môle Saint-Louis se dote d’un premier phare en 1684, sous la forme d’une tour carrée éclairée à la lampe à suif. Il est détruit puis reconstruit au profit d’une tour plus haute à plusieurs reprises, d’abord en 1690 puis en 1720, et finalement en 1831 pour atteindre 25m. Démoli en 1944 par des mines allemandes, il a été reconstruit en 1948.

Aujourd’hui, il continue de signaler par sa lumière rouge l’entrée du chenal il est désormais ouvert au public. Venez gravir les marches de cet incroyable belvédère et profitez d’une vue à 360° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville. Quelques chiffres : 2297 pierres, 310 m3 de pierre de taille, 126 marches,  33,5 m de hauteur, 6,50m de diamètre à la base et 4,55m au sommet, 3m de diamètre intérieur.

Avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT.

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Adresse : Chemin des Pélerins (Mont Saint Clair) – 34200 SETE

La chapelle Notre-Dame-de-la-Salette est construite au sommet du Mont Saint-Clair, à l’emplacement de l’ancien fortin Montmorencette bâti par Louis XIII et lui-même érigé sur un ancien sémaphore romain.

L’endroit, occupé ensuite par des ermites, fut dédié à Notre-Dame-de-la-Salette en 1864, 20 ans après son apparition dans les Alpes. A la même époque est institué le pèlerinage mensuel à la chapelle, tous les 19 du mois, et plus particulièrement le 19 septembre, date de l’apparition mariale.

La chapelle est prise en charge par les missionnaires de la Salette au même moment. Signalons que les fresques intérieures, modernes, ont été réalisées en 1952 par le peintre biterrois Jacques Bringuier.

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La rénovation de la toiture a été achevée cet été. Mais d’autres travaux sont essentiels pour définitivement sauver l’emblématique monument juché au sommet du Saint-Clair.

C’est un travail de longue haleine, une mobilisation de (presque) tous les jours. Mais cette fois, c’est parti et bien parti. Sans être encore sauvée de tout, et notamment de l’humidité qui la ronge depuis des décennies par remontées capillaires, la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette peut respirer.

Initiées par les amoureux de ce Monument à vocation historique (MVH), les démarches ont abouti cet été au lancement des travaux de l’emblématique monument juché au sommet du Saint-Clair. Première étape franchie : la rénovation de la toiture. Depuis fin juillet, la couverture en tuiles romaines et les descentes d’eaux pluviales permettent à la chapelle d’être hors d’eau.

Et maintenant, les enduits, les fresques et les ex-voto

Deux autres tranches sont nécessaires. La Fondation du patrimoine doit donner son feu vert pour lancer la deuxième, qui consistera à réaliser fin 2023 un drainage de surface en pied de tous les murs. Il faudra ensuite démolir des enduits existants et les remplacer par des enduits respirant.

Il sera alors temps de restaurer les fresques intérieures, sans doute en 2024. “Cette chapelle est remplie d’ex-voto et de souvenirs des pêcheurs sétois”, rappelle Louis Bessière, membre de la Société d’études historiques et scientifiques de Sète et sa région, en première ligne sur ce dossier et relayée par l’amicale des Saint-Clairiens.

Entre dons, démarches et initiatives ponctuelles

Les travaux de restauration de l’emblématique édifice sétois ont un coût : 117 000 € pour la première tranche et presque autant pour la deuxième, en fonction des devis retenus, qui fera l’objet d’un nouvel appel de dons. L’objectif de la première collecte n’est pas encore atteint mais 75 000 € ont déjà été versés sur les 100 000 € espérés. “Les dons continuent à rentrer. On n’est plus très loin du but”, assure Louis Bessière, qui espère que la mobilisation ne faiblira pas, que les organismes sollicités pour des demandes de subvention répondront favorablement, voire qu’un généreux mécène se manifestera “pour accélérer le cours des choses”.

Des initiatives ponctuelles seront aussi lancées d’ici fin 2023 : un festival de magie courant octobre, salle Brassens, ou encore un concert de musique classique à l’église Sainte-Thérèse.

D’ici là, il y aura bien sûr les Journées du patrimoine, samedi 16 et dimanche 17 septembre. Une occasion de renouer avec ce lieu de spiritualité cher au cœur des Sétois, construit sur les ruines du fortin de Montmorencette.

Un stand pour les Journées du patrimoine

Le site de la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette a été retenu par la Fondation du patrimoine pour accueillir du public à l’occasion des Journées du patrimoine, ces samedi 16 et dimanche 17 septembre. Un stand spécifique sera aménagé dans une salle d’exposition voisine pour soutenir le projet de restauration. Un fascicule d’une quinzaine de pages retraçant l’histoire du monument sera vendu sur place.

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Pourquoi la ville de Sète a mis si longtemps à se faire un nom

14.1.2018 – Il y a 90 ans, Cette devenait Sète (1/2). Mais auparavant, l’Île singulière aura connu bien d’autres appellations … . Les explications en deux volets ; le second sera consacré, le week-end prochain, à la décision historique.

Il y a bientôt 90 ans, Cette devenait officiellement Sète. Un décret ministériel du 20 janvier 1928 ratifiait une délibération votée lors du conseil municipal du 27 août 1927. Ce jour-là, l’assemblée communale – le maire était alors Honoré Euzet – avait demandé à l’unanimité aux pouvoirs publics d’adopter “Sète” comme nouvelle orthographe du nom de la ville, au lieu de “Cette”.

Mais avant de revenir le week-end prochain dans un second volet sur cette décision historique, plongeons-nous dans la genèse compliquée du toponyme de “notre” île. Bien avant qu’elle devienne un port et une ville à part entière, et même ensuite, Sète aura été désignée sous maint appellations différentes : au moins 18 ont été répertoriées ! On n’y perd pas seulement son latin, mais aussi son français et son occitan…

Pourquoi l’Île singulière aura-t-elle mis si longtemps à se “faire un nom” ? Explications à la lumière de l’ouvrage d’Emile Bonnet (*) et en compagnie d’un spécialiste de la question, Michel Ségura, ancien médecin, membre de la Société d’études historiques et scientifiques de Sète et sa région.

Inspiré d’un mont boisé …

Tout commence dans la haute Antiquité. Les premiers navigateurs croisant le long du golfe du Lion étaient phéniciens. Ils ont sans doute été les premiers à baptiser cette colline boisée, le futur mont Saint-Clair, qui se détachait au loin d’un littoral très plat, et leur servait de point de repère. Les Phéniciens auraient ainsi employé des mots d’origine hébraïque dérivés de sêth, signifiant élévation : Kittim, Chettim ou encore Settim.

Le géographe grec Ptolémée, lui, désigne le promontoire sous le nom de Setion. Son homologue latin Festus Avenius emploie le double mot “Mons Setius”. Qui porte en germe le nom Sète.

Mais pour d’autres navigateurs et pêcheurs, la forme bosselée et allongée de ce mont évoque aussi et avant tout celle d’un immobile cétacé, comme ils en rencontrent parfois. D’où les noms dérivés du latin cetus, lui-même emprunté au grec ketos, qui signifie “gros poisson” ou “monstre marin”. Le nom Cette pourrait bien dériver de cette deuxième interprétation.

Du Moyen-âge au XVIIe siècle

On trouve traces (sauf au Xe et au XIe siècle) de différents noms : Sita, Seta (insula de Seeta-insula Steae), mont de Cette, fontaine de Cette, Monte-Septa (nom inscrit sur d’anciennes cartes espagnoles), Ceta, Cetia (podium Cetae, fans de Ceta), Mont-Septe (sur des cartes du XVIIe)… En 1759, une carte publiée dans un ouvrage de médecine mentionne le cap de Cette Caput Cetaem.

Sous le règne d’Henri IV naît le grand projet de créer un port au pied de ce mont. Le Duc de Montmorency y fait édifier le premier fort sous le nom de Montmorencette, qui fut aussi parfois donné au site.

La création du port, en 1666, puis de la ville, ne va pas permettre de démêler l’écheveau puisque même dans le document officiel (imprimé à Pézenas) inhérent, les deux noms, Cette et Sète, sont mentionnés ! Par la suite, jusqu’à la fin du XVIIIe, c’est au choix : Cette ou Sette…

Le 23 octobre 1793, l’administration municipale décide de trancher en faveur de Sète. Une délibération considère que l’orthographe Cette “équivoque le pronom” (en fait, “cette” est un adjectif démonstratif). Un vœu qui restera lettre morte… pendant 135 ans. Alors que le port va prospérer et la cité se développer, c’est Cette qui va reprendre la main … .

(*) Emile Bonnet (1863-1942), “Origines et transformations du nom de la ville de Cette”, Société languedocienne de géographie.

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L’épopée maritime de Sète: fertile presqu’île

29.7.2016 – Sète. Elle est née de la volonté du Roi-Soleil de disposer d’un nouveau port de commerce en Méditerranée. En 350 ans, la cité languedocienne s’est forgé une âme maritime, nourrie des populations multiples venues sur ses rivages.

D’abord, une odeur. Saline, marine. Seule dans l’air clair du matin, mêlée à celle du figuier qui dort sous le soleil, perdue dans les vapeurs du chalut de retour de la pêche. Puis, ce bleu. Bleu dur du ciel qui vient se fracasser sur les pins du mont Saint-Clair ou sur les tuiles rouges des toits. Bleu marine de l’eau, tournant parfois au vert. Est-ce la mer, les canaux, l’étang? En une poignée de secondes, le regard passe de l’un à l’autre. Avant que d’être une ville, Sète est une île, simple montagne calcaire flottant sur l’eau. D’un côté, la Grande Bleue. De l’autre, l’étang de Thau. une multitude de canaux permettent le passage de l’un à l’autre; d’étroites bandes de terre relient la cité au continent, vers Montpellier ou Agde. Certains voudraient faire de Sète “la Venise du Languedoc”. Toujours, elle s’y est dérobée. Trop farouche, trop fière pour se laisser reléguer à un second rang, aussi prestigieux soit-il.

Sète a pour elle l’orgueil et la beauté de sa jeunesse -350 ans tout juste en ce mois de juillet 2016. au milieu du XVIIe siècle, le cap de Cette -l’orthographe la plus courante jusqu’en 1928- n’est qu’une montagne inhabitée, peuplée de quelques pins. La volonté d’un roi la transforme en un prospère port de commerce.

Portée par ses vents changeants, la Méditerranée est une mer capricieuse. Les marins redoutent les humeurs de ce si bien nommé golfe du Lion. Entre Pyrénées et Marseille, il leur faut un nouvel abri en eaux profondes. Une première fois, en 1596, Henri IV lance la “création du port de Cette”, mais le projet n’aboutit pas. Il faut attendre 1663, la volonté de Louis XIV, la détermination de Colbert, l’intendant des Finances, et le talent constructeur de Pierre-Paul Riquet, déjà bâtisseur du canal du Midi, pour que le port voie le jour. Le chevalier de Clerville, envoyé en mission de repérage, perçoit dans cette “encoignure au ventre de la mer” l’emplacement idéal pour développer le commerce du Languedoc.

Une ville née d’un port

Sète est-elle une ville? Un port? Le 29 juillet 1666, jour de pose de la première pierre du môle Saint-Louis, qui marquera l’accès au grand large, la question ne se pose pas. La ville n’existe pas encore. On la crée pour l’occasion. La très réputée foire de Beaucaire est terminée, l’événement sétois va attirer des dizaines de spectateurs venus des bourgades alentour. En quelques semaines, une cité de carton sort de terre. A l’embouchure future du canal, une église est dressée, dédiée à Saint Louis. Saint Louis en hommage au Roi-Soleil, mais aussi en mémoire de son aïeul Louis IX, parti en croisade quatre siècles plus tôt d’Aigues-Mortes, autre port languedocien. L’évêque de Montpellier, Mgr François Bousquet, est là, il bénit la première pierre, noire, volcanique, sur laquelle le nom de Louis XIV est gravé en lettres d’or.

La cérémonie religieuse terminée, place, enfin, à la fête. Au cours de cette journée mémorable, on dispute les premières joutes de l’histoire de Sète -prémices d’une tradition désormais bien ancrée. Les officiels se rassemblent pour le banquet, les autres se rafraîchissent sur la plage- les tentes des marchands de fruits, de limonade et de liqueurs à glace y ont été installées. Tout à leur amusement, la plupart des convives ont oublié qu’à Sète la nature reprend souvent ses droits. Le vent marin a fait monter l’eau. Le gué qui permet de rejoindre la terre ferme est submergé. Beaucoup doivent rester jusqu’au matin sur cette “île singulière”, comme la définira bien plus tard le poète Paul Valéry, Sétois d’origine.

Parce qu’elle est née de rien, Sète est une ville métisse, nourrie des populations échouées sur ses rivages. Ses premiers habitants, employés à la construction du port sous la direction de Pierre-Paul Riquet, sont issus des villages voisins. Ils quittent Agde, Frontignan ou Bouzigues, à quelques kilomètres à peine, pour s’installer au pied du mont Saint-Clair. Sur l’emplacement de ce qui est aujourd’hui le cimetière marin, Riquet fait construire quelques maisons, des écuries, des magasins, une petite chapelle. Les hommes sont souvent seuls, célibataires, la mortalité est élevée. La mer et le port dévorent volontiers les humains qui les approchent. En 1685, ils sont à peine 800 à peupler Sète. Plus tard les rejoindront des travailleurs de l’arrière-pays et de la provence, des négociants du nord de l’europe venus goûter aux joies du commerce languedocien. plus tard encore, les immigrations catalane et italienne, plus populaires; les rapatriés d’Algérie, enfin, au mitan du XXe siècle … .

Le vin et la tonnellerie ont fait sa prospérité

Chacun laisse sa trace dans la ville. Les riches bâtisses en pierre de taille en bordure du canal Royal et l’étrange palais consulaire, à l’allure orientale, témoignent de la prospérité passée de Sète. Pour la plupart originaires de Gaète et de Cétara.

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L’association De Cett’à Cetara : un jumelage de cœur entre deux villes et deux cultures

Le Bureau de l’association : Véronique Fiorino, Marie-José Montes, Marie-Ange Liguori et Jean-Pierre Liguori. (DR)

26.4.2021 – Une association qui a pour but de favoriser les échanges et le rapprochement entre Sète et Cetara.

De nombreuses de familles sétoises sont originaires d’Italie, de Cetara, dans la province de Salerne. Aussi, l’idée d’un jumelage entre les deux villes a été approuvée à l’unanimité par la municipalité du moment, et a débuté en 2003. Il repose aussi sur la complicité chaleureuse de la municipalité de Cetara à l’époque : Secondo Squizatto, Luigi Carobene, Roberto Delamonica et Rino Marchiaro.

“Un jumelage entre cousins en quelque sorte”,  sourit la présidente, Marie-Ange Liguori. Puis, en 2018, les 15 ans du jumelage ont été le déclic pour constituer l’association De Cett’à Cetara. Elle a pour but d’organiser des actions et échanges entre Sète et Cetara, un rapprochement dans les domaines touristiques, culturels, sportifs, scolaires et économiques.

Ainsi, un professeur dispense des cours d’italien pour les débutants auxquels une vingtaine de personnes participent et des séances de conversation sont animées dans la convivialité. De plus, elle invite au voyage. En juillet 2019, malgré les 1 800 km qui séparent les deux villes cousines, 25 personnes ont visité Cetara et la côte amalfitaine … Capri, Positano, Sorrente, Amalfi. Logé dans le village Cetara au charme typique, simple et accueillant, Jean-Pierre Liguori, le trésorier souligne que “c’est un bijou, un côté perché et familial, avec une authenticité et du caractère”.

Marie-Ange Liguori explique que “le village de Cetara et Sète ont des similitudes : le mont Falerio, un cimetière en hauteur, ou encore une place de la Marine et des ressemblances avec les personnages sétois”. Le cadre est exceptionnel, et quelle affluence lors des fêtes de la Saint Pierre et de la Saint François ! La ferveur pratiquante est émouvante dans les processions. “C’est un véritable jumelage de cœur, les liens sont forts”, insiste la présidente.

Le retour aux racines revêt une symbolique forte, comme marcher sur les mêmes dalles en basalte que les anciens. Enfin, pour Marie-José Montes, la secrétaire de l’association, la tradition culinaire fait partie intégrante de la culture italienne, notamment le Limoncello, la colature d’anchois pour parfumer les pâtes. Un voyage inoubliable et de quoi ravir les amoureux de la Dolce Vita.

Réaction : Camelio Jean-Louis

Faux ! Cetara est un minuscule village de 2000 habitants, la majorité de la population d’origine italienne de Sète vient de Gata une ville de moyenne importance, port de guerre et centre de formation de la guardia finanza maritime. D’ailleurs 90 % des spécialités italiennes rebaptisées sétoises dont la tiella (tielle au pluriel) viennent de Gaeta. Selon Virgile, Caieta était le nom de la nourrice d’Énée qui aurait été enterrée à cet endroit. À l’époque romaine, Caieta était un centre de villégiature pour de nombreux personnages importants et riches de Rome dont les empereurs. Je peux parler avec objectivité car mes origines paternelles sont de Gaeta et maternelle de Cetara. Les italiens de Cetara sont venus à Sète 100 ans après ce de Gaeta.

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Source :

http://www.figaronautisme.meteoconsult.fr – Mahault Malmont-Marchal 7.9.2021

Midi Libre – Marc Caillaud 14.1.2018 – 12.9.2023 / Steve Damez 5.8.2021

http://www.lexpress.fr – Agnes Laurent 29.7.2016

You Tube – Sète, l’histoire d’un port, Office de tourisme de Sète

http://www.tourisme-sete.com

http://www.morduedevoyages.wordpress.com

http://www.lindigo-mag.com