Place du 14 juillet

Marché non-alimentaire,Place du 14 juilet de 07.00h à 13.00h 

(Le marché non alimentaire traditionnellement installé Place du 14 juillet est déplacé Rue Stavropol)

Anciennement dit “du Champ de Mars”, grande place aujourd’hui rénovée, devant laquelle s’élève la toute récente Médiathèque André Malraux. Traditionnellement ce marché se décompose en deux parties sur 2 niveaux.

Marché avec toutes marchandises d’une part (habillement, accessoires de mode, bazar , jouets etc ) et marché à la fripe de l’autre. Un peu plus loin, se trouve le marché alimentaire, place David d’Angers et rue Monge.

La “Place du 14 juillet”, ainsi nommé depuis 1905 en souvenir du 14 juillet 1789. Le 14 juillet a été déclaré comme jour férié pour célébrer la fête nationale le 6 juillet 1880 lors de l’institution de la loi Raspail. Le texte fait partie d’un ensemble de mesures visant à commémorer la pris de la Bastille qui symbolise la fin de la monarchie absolue et l’union de la Nation. Par cette loi, les communards parisiens bénéficient de l’amnistie et les communards déportés ou exilés peuvent ainsi revenir en France et “La Marseillaise” devient l’hymne national officiel de la France.

C’était la “place du Marché-Neuf” fin XIXème, “place du Champs de Mars” et “place du Marché aux Bestiaux” ou “le Foirail” en 1868 et encore avant : “Champ de Manoeuvres”.

En 1859, à la place des actuelles casernes, étaient édifiées de vastes arènes en bois où se tenaient des courses de taureaux.

Contre le mur nord de la place est “le mur des fusillés” où furent exécutés, le 7 juin 1944, 18 patriotes.

À la suite de l’embuscade du col de Fontjun (commune de Cébazan, Hérault) le 6 juin 1944, où furent tués cinq maquisards, dix-huit volontaires capturés au cours du combat furent fusillés le lendemain sur le Champ de Mars (Place du 14 juillet) à Béziers.

Maquis désigne un groupe de résistants que le lieu où ils opérèrent durant la Seconde Guerre mondiale. Les résistants sont surnommés « maquisards », cachés dans des régions peu peuplées, forêts ou montagnes.

Le nom fait référence à une forme de végétation méditerranéenne, le maquis, et plus encore à l’expression d’origine  corse « prendre le maquis » (« Piglià a machja »), signifiant se réfugier dans la forêt pour se soustraire aux autorités ou à une vendetta ou pouvant renvoyer aux différentes résistances armées ayant eu lieu sur l’île au fil de l’histoire.

Leur nombre est estimé entre 25 000 et 40 000 à l’automne 1943 et aux environs de 100 000 en juin 1944.

Le 7 juin 1944, le chef de la Gestapo biterroise, Roleff, avertit les autorités françaises de l’exécution prochaine des résistants. Il dit au commissaire de police que dix-huit français dont une femme, qui avaient été pris les armes à la main à Saint-Chinian, où ils avaient attaqué des soldats allemands, allaient être fusillés publiquement sur la place du 14 juillet. Les Allemands redoutant la réaction de la population imposèrent une inhumation séparée et dispersée pour éviter des manifestations.

À 14 heures, l’exécution débuta par groupes de six sous la balustrade du Champ de Mars. Juliette Cauquil*, refusa la grâce obtenue sur intervention de la Croix-Rouge et des autorités locales. Elle cria « Vive la France » avant d’être abattue et aurait même craché au visage de l’officier commandant le peloton, selon certains récits. Tombèrent sous les balles : Amouroux Elie, Albert Marc, Dez René, Cros Pierre, Cauquil Roger, Taixe Juliette épouse Cauquil, Huc Louis, Bousquet Marcel, Villeneuve Henri, Montagne Salvador, Loscos Emile, Baïsse Louis, Massat Henri, Combet André, Caux Louis, Quixalos Joseph, Bourdel Guy, Malet Ignace.

Les morts du Champ de mars se caractérisent par plusieurs traits. C’était majoritairement des hommes, seule Juliette Cauquil faisant exception. Ils étaient plutôt jeunes : plus de la moitié était née après la Grande Guerre. Le benjamin avait 18 ans, cinq avaient 19 ans, un avait 24 ans, trois avaient 25 ans. Les plus âgés étaient nés entre 1899 (2) et 1916. Deux étaient nés à l’étranger, en Espagne et en Andorre.

Réactions :

  • Gilbert (06/06/2009)
    Notre père Georges Guibbaud de Capestang était de ce fait d’arme. Il survécu mais reste marqué toute sa vie et elle fut ponctuée de cauchemars. Nous sommes très fiers de ce que notre père et ses compagnons de ce fait d arme de Fontjun ont accompli contre l’envahisseur Allemand et cette histoire restera dans les mémoires de leurs compatriotes Français.
    Gilbert Sylvain Raymond Guibbaud
    Fils de notre regrette père.
  • Sylvain Guibbaud (30/09/2009)
    Sylvain, le 29 sept.2009
    L’histoire de mon père, c’est aussi l’histoire de milliers d’autres qui ont connu la guerre. Il aurait pu écrire un livre, ou peut-être même faire un film pour raconter son histoire comme beaucoup d’autres ont eu le courage de le faire. Mais pour moi, cela demeure un souvenir très significatif du courage de ces hommes qui se sont battus pour défendre leurs familles et leurs droits contre un envahisseur tyrannique. Je crois aujourd’hui que malheureusement pas assez de gens réalisent ces tragédies ou peut-être que pas assez de gens n’ont pris le temps de raconter leur histoire. Allez donc savoir?
  • Depaule Léo (07/05/2016)
    Y a t’il une liste des personnes étant fusillé ce jour la car mon grand oncle Edgard Carpent en faisait parti et il n’a jamais eu dommage pour lui et c’étais un maquisard aussi.
  • Malaterre Valérie (06/05/2020)
    Bonjour, mon grand père, René DEZ, était un des maquisards sacrifiés, fusillés place du champ de Mars à beziers le 07 mars 1944. Ma mère avait même pas 1 an lorsque elle a perdu son père et la tragédie c’est poursuivie avec le décès de sa mère 2 années plus tard (morte de chagrin d’après mes arrières grand parents). Leurs vies si courtes a impacté la vie de ma mère devenue l’orpheline, pupille de la nation. Je fait appel à vous pour avoir le plus d’information possible sur cette histoire qui est aussi la mienne. Merci à vous.

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    Place du 14 juillet, à quelques dizaines de mètres de la maison natale, se dresse (depuis 2004) la statue de Jean Moulin. Sa silhouette bien connue entourée de clolonnes de marbre sur l’une desquelles est gravée un extrait du discours prononcé par André Malraux en 1964, lors de l’entrée du héros de la Résistance au Panthéon.

    Jean Moulin est né à Béziers en 1899. Dans cette ville de l’Hérault, son père était professeur d’histoire et conseiller général radical-socialiste de l’Hérault. Une fois bachelier, le jeune homme sera d’abord secrétaire général de Préfecture à Montpellier. Avant de devenir en 1925 le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville en Savoie. Il poursuit sa carrière jusqu’à être nommé préfet en 1937. Il est, là encore, le plus jeune préfet de France et est nommé à Rodez en 1938 puis à Chartres l’année suivante.

    Sa vie, qui a fait l’objet de nombreux fims et ouvrages, est longuement et précisément racontée sur le site de l’Ordre de la Libération, jusqu’à sa fin dramatique en 1943. Reçu par De Gaulle à Londres, Jean Moulin est en effet rentré en France en 1942 avec pour mission de rallier et d’unir les mouvements de Résistance. Il doit également créer une Armée secrète en séparant le militaire du politique.

    Dans le cadre de cette mission, Jean Moulin convoque les responsables de la Résistance le 21 juin 1943 à Caluire, dans la banlieue de Lyon. Mais à la suite de dénonciations, la police de sécurité allemande (SIPO-SD) menée par Klaus Barbie intervient: tous sont arrêtés et emmenés à la prison du Fort Montluc.

    Jean Moulin est régulièrement interrogé et torturé, et tente de se suicider. Il ne révélera cependant aucun secret ! Dans un état déjà désespéré, c’est durant son transfert en train vers l’Allemagne qu’il décéde le 8 juillet 1943, quelque part entre Metz et Francfort… Comme le souligne le Larousse.fr : “Dans la mémoire nationale française, Jean Moulin reste la figure charismatique de la Résistance intérieure à l’Allemagne nazie.”

    Jeudi 27 mai 2021. A l’issue de la cérémonie de la Résistance place du 14 juillet, la sculpture du buste de Giacomo Matteotti, député socialiste italien assassiné à Rome par le régime fasciste, a été dévoilée en présence de Robert Ménard, Maire de Béziers et Président de la Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée, Emmanuelle Ménard, Député de l’Hérault, Jean Alagna et les membres de l’association “Insième” de Béziers, Alessandro Giovine, consul général d’Italie à Marseille et sculpteur Olivier Delobel. La Lyre Biterroise a interprété les hymnes nationaux italien et français.

    27.05.2022: Un nouveau buste de résistant place du 14 juillet

    Li Wangyang, dissident chinois torturé pendant 21 ans par le régime de la Chine communiste, retrouvé pendu dans sa chambre quelques temps après sa libération. Cet homme exceptionnel a toute sa place à Béziers. La cérémonie s’est déroulée en présence du Consul de Taïwan et des enfants de l’école Riquet Renan.

    Li Wangyang a commis un crime impardonnable ! Le crime de vouloir une autre Chine. Il a commis le crime de rêver à une autre société qu’une société communiste, de surveillance et de matraquage. Il en a payé le prix fort, il l’a payé de son existence.

    Enfermé dans une cellule de 4m2, oui de 4m2, pendant des années, pendant 22 ans. Il en est ressorti handicapé, quasiment aveugle. Cassé, brisé, broyé, mentalement, physiquement. Pourquoi ? Parce ce qu’après le massacre de la place Tien An Men, le 4 juin 1989, cet ouvrier, ce syndicaliste a osé coller des affiches en soutien aux milliers de victimes de l’armée, du régime communiste.

    Il ne pouvait admettre que, dans son pays, les chars écrasent les étudiants sur la plus grande place de Pékin. Des jeunes filles, des jeunes garçons pacifistes, sous les chenilles des tanks. Au moment où les dictatures socialistes étaient en passe de s’effondrer en Europe, il était, comme tant de jeunes Chinois, rempli d’espoir. Mais si aujourd’hui le Mur de Berlin est tombé, celui de Pékin tient encore.

    En 2012, quelque temps avant de mourir, il a montré qu’il n’avait rien renié de son combat pour la liberté. Malgré 22 ans d’enfer, 22 ans d’isolement, de coups, de privations, il a eu le courage incroyable de dire que le régime communiste était condamné à terme. Et a pris pour modèle Taïwan, la Chine de la liberté. Quelle leçon ! Quel courage !

    05.05.2022: Obsèques du colonel Jean-Baptiste Durand sur la place du 14 juillet

    Discours de Robert Ménard, maire de Béziers, lu par Emmanuelle Ménard, député de l’Hérault :

    Mes très chers amis,

    Tout d’abord je voudrais dire mes pensées amicales, émues, à la famille et aux proches du colonel Durand.

    Le dernier témoin est mort. Le dernier témoin nous a quittés, nous laissant désormais seuls avec l’Histoire, forcément plus froide, plus distante désormais. Parce qu’il n’y aura plus ses mots chaleureux, ses expressions pleines de sens, son vécu.

    Oui, le colonel Durand, acteur majeur de la Résistance en Biterrois, en Languedoc, était l’ultime survivant de la tragédie de Fontjun!

    Je n’oublierai jamais celui qu’on appelait « Roch » dans la Résistance. Je n’oublierai jamais que, chaque 7 juin, il présidait et prenait la parole lors de la cérémonie de Fontjun.

    Jean-Baptiste Durand était une sentinelle. Une sentinelle contre ceux qui manipulent, qui arrangent, qui détournent la vérité historique. Une sentinelle contre l’oubli.

    La guerre vécue par le colonel Durand était une aventure. Car il vivait alors la Résistance de l’intérieur. Chaque jour, chaque heure, sous la menace d’une capture et d’une mort terrible. Chaque jour ou presque, le transport de documents, la périlleuse mais nécessaire construction des réseaux, la distribution de tracts, la réception de parachutages dans la nuit, le sabotage contre l’occupant nazi. Et le sauvetage de Juifs.

    La volonté féroce, la volonté sublime du colonel est peut-être née dans les cales du Sidi Brahim, un vieux rafiot qui l’a emmené en octobre 1940 à Oran.

    Dans la biographie qui lui a été récemment consacrée, il se souvenait encore de la tempête qui secouait les entrailles du navire, de ses compagnons d’infortune qui « vomissaient leurs tripes » à ses côtés. Arrivé en Afrique du Nord, il a vu de ses yeux le spectacle désolant du désastre de Mers-El-Kébir, de ces vaisseaux français éventrés par les tirs britanniques l’été précédent, l’été en enfer. La France ne pesait presque plus rien. La France semblait s’être évaporée. Et pourtant!

    Et pourtant, au printemps 1942, en mairie de Poilhes, pour sa première réunion secrète, Roch était là. Debout, fier. Sûr de la tâche à accomplir pour libérer la patrie. Sa patrie. Les mois qui suivirent furent épiques. De Montady à Capestang, de Béziers à Bédarieux, tant de missions, tant de rencontres. Ne pas être repéré. Camoufler les bicyclettes sous les ceps de vigne, les rendez-vous sur un prie-Dieu à la Madeleine ou aux Pénitents bleus. Jusqu’à la tragédie de Fontjun, tragédie qui a marqué notre mémoire.

    Au moment où ce mot sera lu, sachez que je me trouve en Ukraine. Je suis aux côtés du maire de Tchortkiv, ville nouvellement jumelée à Béziers. Je suis aux côtés du peuple ukrainien qui vit des heures sombres. Un nouveau camion rempli de l’aide des Biterrois est sur le point d’arriver. Je vous écris cela avec émotion.

    Parce que je pense aux valeurs que défendait le colonel. Pour lesquelles il a risqué sa vie. Liberté. Démocratie. Des valeurs qu’on croit, à tort, partagées par tous, mais en réalité, toujours menacées par les tyrans, nazis autrefois, islamistes ou agresseurs de l’Ukraine aujourd’hui.

    Le combat qu’a mené Roch est sans fin. Nous tenterons de le poursuivre en gardant son exemple en mémoire ! Fièrement.

    Vive la Résistance ! Vive la France !

    Jean-Baptiste Durand : “Fontjun est pour moi une tragédie”

    Le colonel Jean-Baptiste Durand dit “Roch”, chef fondateur du secteur armée secrète du canton de Capestang, à l’occasion de la commémoration de la tragédie de Fontjun, le 6 juin 1944, où Capestang a payé un très lourd tribut.

    Quels souvenirs gardez-vous de Capestang?

    Ordre est donné aux résistants de rejoindre des points de rassemblements afin de former des maquis et harceler les Allemands. Le 6 juin 1944, les résistants se regroupent d’abord par village puis se retrouvent à Capestang d’où ils partent à la tombée de la nuit.

    Que s’est-il passé à Fontjun?

    Le convoi était composé d’un véhicule et de deux camions. Au col de Fontjun, des soldats allemands en embuscade nous attendaient. Fontjun a été un combat inégal. Cinq blessés, cinq tués lors du combat et dix-huit prisonniers.

    Quelles furent les représailles à Béziers?

    S’agissant des 18 prisonniers, 17 d’entre eux, des hommes et une femme, furent interrogés, torturés, avant d’être fussillés le 7 juin 1944 en début d’après-midi sur le Champ-de-Mars à Béziers.

    Et à Capestang?

    Le surlendemain, le village de Capestang est encerclé par les militaires allemands. Les hommes de 18 à 40 ans ont été rassemblés sur la place du village : emprisonnés, déportés, fusillés, on ignore quel va être leur sort.

    Fontjun est pour moi une tragédie, restera une énigme, un mystère qui restera gravé dans ma mémoire.

    Pourquoi parle-t-on de “petite Russie”?

    Il m’a été rapporté une discussion dans un restaurant à laquelle prenait part le docteur Mitchell, responsable du STO, quant à la déportation des 179 Capestanais : mais pourquoi Capestang ? Capestang, petite Russie, allusion au drapeau rouge qui depuis 1936 était hissé au sommet de la collégiale. La commune de Capestang, village particulièrement meurtri s’est attiré de sanglantes représailles à la suite des combats de Fontjun, a été citée le 11 novembre 1948 et a reçu à cette occasion la Croix de guerre avec étoile de bronze.

    L’histoire de Fontjun

    En juin 1944 la Résistance est organisée sur le secteur de Poilhes / Capestang. Des sabotages sont pratiqués depuis déjà plusieurs semaines.

    Le 5 juin l’ordre est donné par le commandement militaire d’intensifier les destructions et de rejoindre les maquis. Un rassemblement est organisé à Capestang, dans la maison de Danton Cabrol, sous-chef de secteur, cependant que les routes sont gardées. Une automobile conduite par un Français et ayant à son bord un sous-officier allemand a été interceptée et ses occupants faits prisonniers. Hélas, suite à une négligence ils pourront s’enfuir et donner l’alarme. Les recherches entreprises pour les retrouver demeureront vaines.

    Le plan prévu est cependant maintenu : deux camions et une voiture sont affrétés emmenant soixante et quinze volontaires au maquis. La voiture qui s’est placée en tête de la colonne est conduite par Jean Durand, alias Capitaine Roch. Parti de Puisserguier où le regroupement a eu lieu, à l’usine Saint-Joseph plus précisément, sur la route de Capestang, le convoi a traversé Cébazan sans encombre.

    Au col de Fontjun c’est l’embuscade. Un camion allemand barre aux trois-quarts le passage. Avec beaucoup de sang-froid, évitant le camion à gauche et le ravin à droite, le capitaine Roch réussit à passer, renversant un soldat allemand qui a tenté d’intervenir.

    Quand le premier des deux camions qui suivent se présente c’est la confusion. Pierre Durand, secrétaire de mairie à Poilhes, assis sur l’aile un revolver au poing, croit que ce sont les hommes du maquis venus à leur rencontre qui sont devant eux. Eh non, ce sont les boches !

    L’effectif allemand est d’une soixantaine mais leur armement est largement supérieur à celui des candidats au maquis. Trente deux de ceux-ci seulement sont en effet armés et sans doute pas aussi bien que leurs ennemis.

    La voiture du Capitaine Roch a fait demi-tour et ses occupants tentent de prendre les Allemands à revers. Puis, quand ils auront épuisé leurs munitions, ils fonceront vers le maquis pour chercher des renforts. Ceux-ci arriveront trop tard.

    Pendant ce temps Jean Montagne, quoique blessé au pied par une balle de mitraillette, réussit à arroser le camion allemand avec des grenades Gamont. Celui-ci prend feu toutefois la colonne allemande se reforme et passe à l’attaque. Les munitions épuisées, dix-huit résistants sont fait prisonniers cependant que cinq autres sont décédés au cours de l’accrochage.

    Côté allemand il y aurait eu une vingtaine de morts mais l’armée d’occupation n’avait pas l’habitude de laisser ses cadavres sur le terrain pour qu’on effectue un décompte de leurs pertes.

    Les survivants du groupe parti de Puisserguier ont pu profiter de la nuit pour se disperser et chercher refuge dans les environs. Plusieurs blessés seront secourus par le docteur Vacquier de Maureilhan.

    Les prisonniers sont emmenés à Saint-Chinian où ils sont torturés avant d’être conduits à Béziers le lendemain.

    Le 7 juin, à 14 h, le portail de la caserne Du Guesclin s’ouvre.

    En trois vagues les Résistants sont conduits au supplice. On leur lie les bras à la balustrade. L’un d’eux laisse échapper un « Maman ! »

    Dans la deuxième vague il y a une femme, Juliette Cauquil de Puisserguier, qui ira embrasser un de ses compagnons avant de reprendre sa place et de crier «Vive la France».

    De la foule, que les nazis ont rassemblée pour assister à l’exécution, jaillit un cri : «Salauds!» Son auteur s’est esquivé avant d’être identifié.

    Puis c’est la troisième salve : dix-huit corps gisent à présent sur la place du Champ de Mars.

    En hommage aux sacrifiés, citons ici cet extrait d’un très beau poème de Louis AragonLes Roses de Noël :

    « Quand nous tendions au spectre l’espérance, la nudité honteuse de nos mains, alors, alors, ceux-là qui se levèrent, fût-ce un instant, fût-ce aussitôt frappés, en plein hiver furent nos primevères, et leur regard eut l’éclair d’une épée ».”

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    Sources :

    http://www.midilibre.fr

    Ville de Béziers (Fb)

    http://www.dis-leur.fr

    http://www.geo.fr

    www.sunnyfrancenet

    http://www.occitanie-tribune.com

    http://www.lesouvenirfrancais-saintchinian.fr

    http://www.lagglo.fr

    http://adicab.over-blog.com/

    http://cessenon.centerblog.net/