Le cimétière vieux

Le Père Lachaise biterrois

Adresse: Avenue du cimetière vieux

Tél.: 04 67 31 14 86

Ouvert tous les jours de 08.00h à 18.00h (dernière entrée à 17.45h)

L’implantation de ce nouveau cimetière, qui se déploie sur une surface de 5 ha, découle du décret Napoléonien du 1804 imposant aux villes et villages d’effectuer les inhumations sur des terrains réservés à cet effet et distant de 40 mètres de toute habitation. L’ouverture de ce lieu coïncide avec l’âge d’or de la viticulture et donc l’enrichissement conséquent de la population biterroise. Les plus fortunés ont fait appel à des architectes, entrepreneurs, artistes et décorateurs pour ériger leurs sépultures.

Créé en 1812, le cimetière vieux de Béziers est un livre d’histoire. Ses nombreux tombeaux monumentaux sont des témoins de l’opulence de la ville. Et au gré des allées, l’endroit permet de découvrir les noms de nombreux Biterrois qui ont marqué la vie de la cité.

Injalbert et bien d’autres

Les plus grands artistes biterrois y ont sculpté des oeuvres d’art ornementales et symboliques. Comme le célèbre sculpteur Antonin Injalbert (photo), qui d’ailleurs lui-même a sculpté son tombeau. Et deux de ses élèves cad Jacques Villeneuve et Jean-Marie Joseph Magrou, dont ses oeuvres se retrouvent aussi dans le parc de la villa Guy à Béziers. N’ oublie pas Louis Paul, ancien conservateur du Musée des Beaux-Arts de Béziers de 1905 à 1920.

Mais il y a également toutes les autres sépultures qu’ Injalbert a lui-même ornementées comme, par exemple, celle d’Augustine Chappaz dont l’époux était un important négociant en alcool. Joseph Chappaz était le beau-frère de Marius Estellon. Il avait épousé sa soeur Augustine en 1876 à Marseille. Ce riche industriel de Béziers fit appel à plusieurs reprises au grand sculpteur biterrois. Notamment, lorsqu’il fit construire en 1868 une superbe demeure pour sa jeune épouse, il lui confia la réalisation de la statuaire décorant la maison, dont quatre belles caryatides sur la façade et une grande cheminée en marbre à l’intérieur.

Autre œuvre monumentale, la tombe de Jean-Marie Cordier, l’ingénieur à qui Béziers doit d’avoir été alimentée en eau pendant de longues années au XIXe siècle. Il avait eu droit à des funérailles publiques.

Blague: Pierre doit comparaître devant le juge car il a tué sa femme par balle quand il l’a retrouvée au lit avec un homme étrange. Pendant le procès, le juge lui demande : “Pourquoi avez-vous tiré sur votre femme?” “Eh bien,” dit Pierre, “il me semblait plus commode de tuer ma femme en une fois que chaque semaine un autre homme!”

Un peu plus loin, il y a ce mausolée en déshérence mais qui, décoré de symboles maçonniques, attire de nombreux initiés. À quelques pas se trouve le gisant de la Famille Jacques, ou encore ce tombeau tout droit sorti de l’Égypte ancienne. Et il y a aussi bien sûr, la tombe de la Vierge del Moucadou – au mouchoir – qui a la réputation d’avoir le pouvoir de guérison miraculeuse.

Les œuvres dispersées

Le cimetière Vieux, c’est également des sépultures plus discrètes comme celle de l’abbé Martin, curé de Saint-Aphrodise et député de Béziers en 1789 ; de la famille de Jean-Pons Viennet, autre député et homme de littérature ; de celle de Gustave Fayet, amoureux des arts. Il possédait une importante collection des grands noms de la peinture moderne comme Cézanne, Delacroix, Degas, Gauguin… À sa mort, en 1925, la municipalité d’alors a refusé d’acheter les œuvres et les tableaux ont été dispersés. Dommage.

Une colonne pour les Républicains

Et puis, il y a la colonne de la République dédiée au traceur de pierre, André Cadelard, l’une des figures républicaines de Béziers. Au lendemain du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, il a participé à la manifestation d’opposition en compagnie, notamment, de Casimir Péret. Il a été arrêté et guillotiné en même temps que Joseph Laurent, sur la place de la Citadelle, le 13 août 1852. Leurs corps ont été jetés dans une fausse commune du cimetière Vieux.

Il faudra attendre 1870 et la IIIe  République pour que le maire Ernest Perréal réhabilite les deux hommes. Une colonne tronquée a été édifiée au cimetière Vieux par souscription publique. Les restes des corps de Cadelard et Laurent y ont été transférés. Leurs dents y sont placées dans une niche de verre.

Un véritable livre d’histoire… à ciel ouvert

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http://www.midilibre.fr – Emmanuelle Boillot (photo: Pierre Saliba)

Petit Futé – Béziers Méditerranée

http://www.lorgues.free.fr