Avenue Alphonse Mas

Alphonse Mas, maire de Béziers en 1888.
L’avenue date de 1894 et portait au début le nom de “rue Nationale”. Son ouverture fit disparaître tout un réseau de ruelles et places. De nombreux petits marchés y avaient lieu tels ceux de la Poissonnerie, le Mazel (viandes), l’Hortolanarié (volailles), la Bladarié (blé et grains), etc.
La place du Mazel (face à la mairie) devint la place couverte.
En 1537 s’y élevait le pilier de la haute justice où l’on exécutait les arrêts de justice : on y exposait le corps des suppliciés avec un écriteau expliquant leur crime.

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Le 19 juin 1938, Béziers inaugurait un monument pour célébrer la mémoire d’Alphonse Mas, ancien maire, dont l’œuvre considérable a transformé l’aspect de la ville et l’a enrichie de nombreuses réalisations. C’est Antonin Moulin qui est à l’origine de cet hommage. Aussi la personnalité et le rôle du père de Jean Moulin furent-ils longuement rappelés au cours de cette cérémonie. Dans les discours prononcés on retrouve l’image que Béziers a conservée d’Antonin Moulin.

ALPHONSE MAS, LE MAIRE QUI A TRANSFORMÉ BÉZIERS

Alphonse Mas, né à Maraussan, près de Béziers, en 1851, exerça d’abord dans cette ville la fonction d’Avoué. Entré au conseil municipal en 1884 et adjoint au maire en 1885, il exerça les fonctions de maire de 1888 à 1899 et de 1901 à 1904. Il assuma d’autres mandats (conseiller général, député) dont on ne garde pas un souvenir aussi fort que des fonctions municipales dans lesquelles il fut très actif et créateur.

L’œuvre qu’il a accomplie concerne de nombreux domaines. On peut en rappeler les principaux aspects :

  • Grands travaux d’urbanisme : dans le tissu urbain, malsain et encombré, il fit ouvrir de grandes voies de circulation, assurant une traversée continue et facilitée de la ville (et notamment cette rue Nationale, ouverte en 1894 et baptisée en 1931, avenue Alphonse Mas)
  • Construction de nombreux bâtiments publics : les halles, le collège de jeunes filles, l’École pratique de Commerce et d’Industrie, reconstruction du collège Henri IV … Ses efforts aboutissent aussi à la création de la chambre de commerce demandée depuis longtemps à Béziers.
  • Embellissement de la cité, avec les jardins de la Plantade et des bassins-réservoirs.
  • Installation du Musée des Beaux-Arts dans les locaux, mieux adaptés de l’Hôtel Fabrégat.
  • Mise en place d’un réseau d’égouts.

En 1904, A. Mas abandonna ses fonctions municipales et quitta Béziers pour prendre les importantes fonctions de Gouverneur de la Banque de la Guadeloupe, de 1904 à 1906, puis de la Banque de la Réunion (1906 à 1923) C’est à la Réunion qu’il mourut le 27 janvier 1931.

LE MONUMENT A ALPHONSE MAS

LA DERNIÈRE ENTREPRISE BITERROISE D’ANTONIN MOULIN

Antonin Moulin fut associé à l’œuvre accomplie en appartenant au conseil municipal dirigé par A. Mas de qui il fut très proche pendant quelque 20 années.

C’est donc à la fois pour honorer le compagnon de lutte, le Républicain, et aussi le « maire bâtisseur » qui a laissé une marque si profonde dans la cité, qu’Antonin prit l’initiative de former un comité ayant pour mission d’ériger un monument à Alphonse Mas.

Nommé, dès les premières années de sa carrière, professeur au collège de garçons de Béziers, Antonin Moulin, d’origine provençale, s’intégra très tôt à la ville qui l’accueillait. Il s’y engagea dans de nombreuses activités, culturelles, sociales (surtout pendant la guerre de 1914-1918) et bien entendu, pour ce républicain, membre d’une loge maçonnique, politiques. C’est à ce titre qu’il exerça divers mandats, et notamment celui de conseiller municipal.

Par ses travaux d’érudition, il fouillait le passé de Béziers : c’est ainsi, pour ne retenir qu’un seul exemple, que dès le début du siècle, vers 1905-1910, il s’attacha dans une série d’articles, réunis plus tard en volume à présenter la destinée glorieuse et tragique de Casimir Péret, ce maire de 1848, chef de l’opposition biterroise au coup d’État du 2 décembre 1851, et qui mourut à la Guyane, où il avait été déporté, dans une tentative d’évasion. Le monument élevé à la gloire de ce héros républicain lui doit beaucoup.

C’est dans le même esprit qu’Antonin Moulin entreprit à la fin des années trente, de rappeler par l’érection d’un autre monument le souvenir d’Alphonse Mas.

Il assura la présidence du comité chargé de recueillir les fonds par souscription et accomplit activement toutes les démarches nécessaires.

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Source:

http://www.etudesheraultaises.fr

http://itineraire-jean-moulin.fr/

http://www.sunnyfrance.fr

http://www.midilibre.fr