Le Canal du Midi

Pierre-Paul Riquet est le père du plus grand chef-d’œuvre de génie civil de l’histoire de France. Il fend la plaine du Languedoc entre Toulouse et la Méditerranée. 240 km de course vers la mer.

Une soixantaine d’écluses. Un trait d’union magistral creusé par l’homme en seulement quatorze ans. Dès l’Antiquité l’empereur Auguste émet le premier cette idée. C’est finalement au XVIIe siècle qu’un petit notable du Languedoc va réussir l’impensable. Pierre-Paul Riquet, un simple gabelou, collecteur de l’impôt royal sur le sel, né à Béziers en 1609, que rien ne prédestinait à une telle aventure. Après avoir convaincu Louis XIV de soutenir son projet fou, Riquet creuse en 1666 les premiers kilomètres de son Canal et construit les premières écluses. Ce fut le plus grand chantier au monde à cette époque.

Le Canal du Midi quitte la vallée de l’Aude au Somail, passe à Capestang dans le souterrain de Malpas et se dirige vers l’Orb par les belles écluses de Fonserannes. Il franchit cette rivière à Béziers, traverse le Libron puis l’Hérault à Agde et finit au port d’Anglous dans l’étang de Thau.

Au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, le Canal du Midi débouche dans l’étang de Thau ce qui relie de ce fait la lagune au port de Sète et à la mer Méditerranée.

Résumé

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Si l’ambition de construire un canal dans le midi de la France existe depuis l’Antiquité, les nombreuses études et les nombreux projets ne parvenaient pas à résoudre l’immense difficulté qui réside dans l’alimentation en eau du canal du Midi pour assurer une navigation constante.

En 1662, Pierre-Paul Riquet trouve la solution en imaginant un système d’alimentation du canal, basé sur le détournement de l’eau de plusieurs ruisseaux et rivières de la Montagne noire et en l’acheminant en un point de partage, au seuil de Naurouze, afin que l’eau s’écoule de part et d’autre, vers la mer Méditerranée et vers Toulouse puis l’océan l’Atlantique.

Pour alimenter en eau le canal du Midi durant une année, il faut environ 90 millions de m3.

Le lac de Saint-Ferréol qui reçoit les eaux de la Montagne noire fut et reste la réserve majeure du canal avec une surface de 67 ha. Un barrage de 786 m de long et 149 m de large retient les eaux du lac. Un musée consacré au canal du Midi est situé près des chutes et permet de découvrir également l’histoire de la construction du lac.

Situé au pied de la Montagne Noire, à proximité de la bastide de Revel, le lac de Saint-Ferréol s’inscrit dans un cadre forestier préservé. Un site privilégié ! D’une superficie de 67 hectares, le lac de Saint-Ferréol fut conçu par Pierre-Paul Riquet, architecte du canal du Midi, dans le but d’en faire le principal réservoir d’eau du canal du Midi. Cette étendue d’eau est aujourd’hui très prisée des sportifs et des amateurs de farniente. Ses jolies rives sont effet parsemées d’arbres propices à la détente. Et les eaux du lac permettent la pratique de loisirs nautiques tels que la planche à voile, la baignade, le pédalo ou encore le canoë.

La construction du canal du Midi dura quinze ans, de 1666 à 1681, sous la responsabilité de Pierre-Paul Riquet et sous le règne de Louis XIV.

Il est le plus ancien canal d’Europe encore en fonctionnement. D’une longueur de 240 km entre Toulouse et la mer Méditerranée, le canal du Midi constitua le plus vaste chantier de son époque et reste une des plus grandes réalisations du génie civil.

Le canal du Midi a nécessité la mobilisation de 12 000 ouvriers armés de pelles et de pioches.

À l’époque, les conditions financières et sociales d’emploi de ces ouvriers sont très favorables et inhabituelles. Pour garder sa main-d’œuvre, Riquet paye correctement ses ouvriers. Mais surtout, il donne des avantages sociaux jamais autorisés auparavant comme les jours de pluie chômés, les dimanches et les jours de fête rémunérés et enfin les congés maladie. Le contrat de travail sur le Canal du Midi est individuel et se fait par recrutement libre. La paye est le double d’un salaire agricole de l’époque.

Plusieurs métiers se rencontrent sur les chantiers du canal du Midi. Les maçons et les tailleurs de pierre sont chargés de la construction des ouvrages d’art comme les ponts, les écluses… Les forgerons sont chargés de l’entretien de l’outillage…

Le canal de Midi comporte 63 écluses, 126 ponts, 55 aqueducs, 7 ponts-canaux, 6 barrages et 1 tunnel.

Les écluses sont construites en pierres de taille scellées à la chaux, dont certaines sont des bijoux d’architecture.

Dès sa mise en service, le canal du Midi est utilisé pour le transport de marchandises (blé, vin…) mais aussi des voyageurs (cent mille passagers durant l’année 1856) et du courrier postal. Un service de « malle-poste » est mis en place sur des bateaux empruntant le canal. Comme pour les diligences, les bateaux sont tirés par des chevaux sur les chemins de halage. La durée du voyage est de quatre jours de Toulouse à Sète.

Le canal du Midi est depuis 1996 classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Aude : le long du canal du Midi, 1 500 arbres plantés cet hiver pour se rapprocher de l’objectif d’une nouvelle voûte arborée

3.12.2022 Dans quelques semaines, Voies navigables de France entamera la campagne 2022-2023 des replantations le long du canal du Midi, de jonction et de la Robine : 1 500 nouveaux sujets seront plantés sur neuf sites. De quoi progresser vers l’objectif final de rendre à l’ouvrage l’aspect qui lui avait valu son classement à l’Unesco.

L’anniversaire avait été symboliquement marqué par la plantation d’un chêne chevelu, au Pont de la Rodé, à Trèbes : le 9 décembre 2021, entouré des représentants des collectivités et de l’Etat, le directeur général des Voies navigables de France (VNF), Thierry Guimbaud, célébrait les 10 ans du lancement du projet de replantation du canal du Midi. Un an plus tard, le pharaonique chantier se poursuit. Avec la campagne 2022-2023, 1 500 nouveaux sujets vont repeupler les berges de l’ouvrage, sur neuf sites, de l’Aude à l’Hérault : 100 tilleuls à grandes feuilles et 25 chênes chevelus à Villesèquelande ; 125 chênes chevelus à Castelnaudary, 180 à Ventenac-en-Minervois, 400 sur les deux communes d’Argeliers et Cruzy, 20 à Sallèles d’Aude, et 200 à Villeneuve-les-Bézier  ; 125 charmes houblons à Puichéric, et 160 à La Redorte ; et enfin 200 micocouliers à Capestang. VNF tient ainsi son “rythme de croisière”, précise Amélie Saillau, chargée d’opération plantation à la direction territoriale Sud-Ouest de VNF.

De quoi passer le cap des 18 000 arbres replantés depuis 2011. Mais le chemin est encore long avant d’atteindre l’objectif d’un canal du Midi fidèle à l’image de “carte postale” qui lui avait valu son classement à l’Unesco en 1996 : grâce au génie de l’ouvrage, bien sûr, mais aussi à la voûte arborée qui le caractérise, avec des sujets de 20 à 40 mètres de haut, des troncs en colonnades. Un décor alors largement appuyé sur les 44 000 platanes plantés au cours du XIXe siècle, bien après l’achèvement, en 1681, d’un canal alors bordé de champs de céréales et d’arbres fruitiers. Mais une voûte mise en péril par l’apparition en 2006 du premier foyer de chancre coloré, champignon microscopique “qui ne s’attaque qu’aux platanes” précise Amélie Saillau : un champignon susceptible “de rester jusqu’à 8 à 10 ans en dormance”, avant de se manifester ; un péril susceptible de se propager dans l’eau du canal, mais aussi d’embarquer dans les péniches ou les vélos qui auraient été en contact avec des troncs atteints. De quoi justifier des mesures de prophylaxie, passant notamment par l’abattage de tout arbre chancré et des autres individus présents dans un périmètre de 35 mètres. Fin novembre 2022, 30 600 des platanes avaient été abattus, au fil de campagnes décidées au terme de prospections, avec “jusqu’à 150 chantiers simultanés sur une année”. A un rythme qui, lui, “se ralentit”, précise la chargée d’opération.

12 M€ pour la campagne 2022-2023 dont 7,1 M€ pour la restauration des berges

Car VNF doit intégrer plusieurs dimensions au vaste projet, chiffré à un total de 200 M€, et 12 pour la seule campagne 2022-2023. Avec les abattages et les replantations, donc (3,3 M€ et 1,6 M€). Mais aussi la restauration des berges (7,1 M€), sans qui le renouvellement des individus abattus serait vain : “Nous avons augmenté le linéaire de berges confortées chaque année, pour pouvoir maintenir le rythme des plantations, développe Amélie Saillau. 57 km ont été restaurées, 8 le seront cet hiver. Sur les 325 km de linéaire du canal (du Midi, de jonction et de la Robine, ndlr) où il y a du platane (*), 20 % auront été traités.”

Une étape qui précède donc ces plantations, guidées par plusieurs objectifs : financier, “avec 400 mètres linéaires plantés a minima par site, pour des économies d’échelle” ; esthétique, en privilégiant “des secteurs touristiques ou passants”, mais aussi des sites “où il y a une certaine ancienneté des abattages, pour ne pas laisser trop longtemps des trouées” ; territorial, enfin, en “répartissant” l’effort sur “plusieurs communes”. Autant de principes combinés pour progresser lentement mais sûrement vers l’objectif porté noir sur blanc dans le cahier de référence validé en 2012 par le ministère de l’Environnement, en restaurant le paysage autour de l’essence jalon du chêne chevelu, combinée à des biefs où régneront érable plane, tilleul à grandes feuilles, charme, micocoulier, pin parasol, pin d’Alep, tamaris ou mûrier blanc. Une ambition qui exige patience : “Sur le port de Marseillette, nous avons planté des peupliers en 2014, rappelle Amélie Saillau. Il aura fallu huit ans pour arriver à l’aspect que l’on souhaite, avec une essence qui pousse relativement vite.”(*) Sur les 480 km du linéaire total du canal du Midi, de jonction et de la Robine, 180 000 arbres sont recensés (dont 44 000 platanes).

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http://www.canal-et-voie-verte.com

http://www.canaldumidi.com/Biterrois/Fonserannes

http://www.france-voyage.com/tourisme/lac-saint-ferreol

https://fr.wikipedia.org/

http://www.lindependant.fr (Antoine Carrié 3.12.2022)

http://www.midilibre.fr (Lionel Peugeot – 1.7.2022)