La Fête des Lumières (18.12.2022 – 26.12.2022)
Tout comme les Chrétiens avec la fête de Noël, les Juifs ont, dans la période du solstice d’hiver, un grand moment festif qui réunit toute la famille et durant laquelle les enfants sont gâtés. Il s’agit de la fête d’Hanouka, appelée aussi fête des lumières.
Les origines de la Fête d’Hanouka
La fête d’Hanouka commémore la reconquête du temple de Jérusalem et sa purification dont le candélabre allumé est le symbole le plus fort. Pour comprendre les origines de cette fête, il faut remonter au IIème siècle avant notre ère, période à laquelle la Judée, au sortir d’une guerre de partage entre les généraux successeurs d’Alexandre le Grand, était sous la domination du roi de Syrie, Antiochus IV Epiphane. Ce roi était un tyran qui n’avait aucun respect pour la religion juive. Il s’efforçait d’helléniser l’ensemble des populations formant son royaume, c’est-à-dire d’imposer à tous la culture et la religion grecque.
Refusant de se soumettre aux pratiques païennes qu’on leur imposait, de nombreux Juifs se soulevèrent, avec à leur tête Juda Macchabée. Ils se rendirent à Jérusalem en – 165, et reconquirent le temple profané. Beaucoup d’hommes moururent dans ces combats violents, dont Juda Macchabée lui-même, d’où à l’heure actuelle l’emploi du mot “macchabée” pour désigner un cadavre.
Un miracle est associé à la purification du temple par les soldats juifs : lorsqu’ils voulurent allumer la lampe aux sept branches, ils ne trouvèrent qu’une fiole suffisante pour un jour. Pourtant, la provision d’huile alimenta miraculeusement la lampe durant huit jours…
Les traditions d’Hanouka
Hanouka a une portée symbolique très forte pour les Juifs car il s’agit de fêter la victoire de la lumière sur les ténèbres, au sens propre comme au sens figuré. Pour célébrer le miracle de la fiole d’huile, la coutume veut que l’on allume une bougie par jour de fête, ce qui fait un total de 8 bougies. L’allumage des bougie est accompagné de prières et se fait sur un candélabre à 9 branches, la 9ème bougie servant à allumer les 8 autres.
La fête des lumières est également l’occasion de festivités : on se réunit autour de repas de fête, et on distribue aux petits enfants de la monnaie et des cadeaux. En référence au miracle de l’huile, on se régale de beignets frits dans l’huile d’olive.
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Béziers : la lumière d’Hanouccah, un lien entre les religions
Midi Libre – Hugo Jacquet
17.12.2014 – Mardi matin, face à la crèche, la menorah, ou plutôt le hanukkiyah, a été allumé par le maire de Béziers, Robert Ménard.
Au-delà des religions, ce sont les Biterrois qui se sont réunis, mardi matin, en l’hôtel de ville de Béziers. Maurice Abitbol, président du consistoire en tête, mais aussi le père Luc Jourdan ou Medhi Roland, représentant local du collectif contre l’islamophobie en France. Au total, près de quatre-vingts personnes étaient rassemblées pour ce Hanouccah qui divise au fond moins qu’une crèche.
“Ce rajout de nos lumières n’exclut personne” (Maurice Abitol – Président du consistoire)
“Ce que nos sages ont retenu : c’est cette lumière. De cela, ils nous ont appris que la force était dans l’esprit, pas dans la main. C’est cela que le peuple juif a gardé dans l’Histoire : c’est que sa force est dans sa tête. Dans sa volonté, dans sa décision pour que les choses avancent”, a souligné Maurice Abitbol. Puis il a salué le maire, Robert Ménard “parce qu’il a saisi la balle qu’on lui lançait. En même temps qu’il a mis cette crèche, il a voulu associer nos deux lumières. Il permet à la population que les gens se connaissent et que les gens apprennent. Je suis content qu’on parle de nous, qu’on sache que, cette belle période, c’est aussi une jolie fête chez nos concitoyens juifs. C’est un lien. Ce rajout de nos lumières n’exclut personne.”
Et de se montrer heureux enfin “de voir qu’on peut, au travers des religions qu’on bannit partout en France, faire un lien entre nous.”
“Un facteur de rassemblement et non de division” (Robert Ménard – Maire de Béziers)
Le premier magistrat, tout aussi ravi, a tenu également à indiquer clairement que “la communauté juive est à Béziers depuis des siècles et cette présence fait qu’elle est ici chez elle, totalement chez elle. S’en prendre à elle, c’est s’en prendre à l’histoire de notre ville, c’est s’en prendre à Béziers. Vous nous aurez à vos côtés systématiquement. Sur Hanouccah, j’ignore qui pourrait blâmer une telle fête, je ne le comprendrai pas. J’y vois même pour tous ceux qui trop souvent s’éloignent de leur propre culture une espèce de rappel symbolique en ces fêtes de fin d’année.”
Selon lui, “il n’y a aucun antagonisme entre la crèche et Hanouccah. Cette juxtaposition populaire et culturelle est un facteur de rassemblement et non de division.” Reste que la levée de boucliers que beaucoup craignaient pour ce Hanouccah n’a pas eu lieu. Les esprits s’apaiseraient-ils enfin en cette période de fête ?
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Source:
http://www.midilibre.fr – 17.12.2014
