Feria

Les arènes de Béziers:

Adresse: 1 avenue Jean-Constans – 34500 Béziers

Tél.: 04 67 76 13 45

Une corrida débute par le paseo, ce défilé rituel conduit par les alguazils à cheval vers la Présidence sous la musique de Carmen à Béziers. Le torero le plus ancien en alternative est positionné en tête du cortège sur la gauche et le moins expérimenté au milieu. Un torero qui débute dans une arène fait le paseo la montera (chapeau) à la main. Suivent alignés derrière, les trois banderilleros des toreros. La première ligne est celle du torero le plus ancien… On retrouve en fin de cortège les picadors, les mozos pour la cavalerie, les areneros (hommes qui entretiennent la piste) et l’arrastre, ces mules qui conduiront la dépouille des toros.

Le défilé de la vierge, suivi d’une messe célébrée dans les arènes, où on comptait plusieurs milliers de personnes, marque l’ouverture de la Feria. En musique et dans des vapeurs d’encens, le défilé de la vierge entraînant dans son sillage hommes, femmes d’église, élus et fidèles. Une foule sur les gradins venus assister à l’office, fervents catholiques mais aussi des festaïres, venus en curieux. Et qui n’ont souvent pas attendu la fin de la messe pour quitter les lieux.

La feria de Béziers, qui se tient à la mi-août, est l’un des plus grands évènements de l’été en Occitanie.Près d’un million de personnes s’y donnent rendez-vous chaque année. Fondée en 1968, elle est l’héritière des premières novilladas et corridas qui se sont déroulées dans les arènes de Béziers depuis 1897. Actuellement l’interdiction des corridas en  Catalogne, et en particulier à Barcelone, attire de plus en plus à cette feria estivale les aficionados catalans.

Les arènes actuelles, du même style que les espagnoles, ont été construites en 1897. à l’initiative de M. Fayot, directeur des arènes de Nîmes avec deux constructeurs et financiers biterrois, MM. Gleizes et Sautel, en pleine période de prospérité viticole du  Biterrois.L’arlésien JuanBautista et le biterrois Sébastien Castella portés en triomphe après la corrida du 14 août 2009.

Cette plaza de toros est la cinquième dans l’histoire de Béziers1. Dès son inauguration, le 11 juillet 1897, la cité bitteroise fur surnommée la Séville française. Les arènes ont vu toréer les plus grands matadors dont Luis Miguel Dominguin, El Cordobes, Espartaco, Antonio Ordonez, Paco Ojeda, Nimeno II, Richrd Milian, Enrique Ponce et Sébastien Castella, le torero biterrois. L’enfant du pays y reçut son alternative en août 2000.

Les miuradas qui se sont déroulées à Béziers ont marqué l’histoire de la tauromachie. La première prestation des taureaux de Miura date de 1931, dans une corrida où Manolo Bienvenida mit en valeur leur caste, ils revinrent en 1932, face à Jaime Noain et Carnicerito de Mexico, puis en 1951 où ils furent combattus en particulier par Luis Miguel Dominguin. Depuis 1982, leur présence est quasi constante, puisqu’ils ont été de toutes les ferias à l’exception de celles de 1989 et 1990, puis en 2005, 2006 et 2007, par suite d’une épizootie.

La présidence, le règlement et les petits mouchoirs 

Le changement de toros : le Président ordonne le changement du toro si sa condition initiale empêche le déroulement d’un combat normal (blessure, problème de vision…). En cas d’accident en cours de lidia, le toro ne sera pas remplacé. Un toro manso, qui refuse le combat, ne justifie en rien son remplacement.

La pique : le président juge du nombre de piques nécessaire pour châtier correctement le toro (minimum deux rencontres dans les arènes de 1 ère catégorie).

Le nombre de banderilles : on doit poser trois paires de banderilles ou au minimum deux, sur décision du président, si le toro possède déjà quatre banderilles sur le dos.

Les avis : le 1er avis sonne dix minutes après la 1ère passe de muleta. Le 2e est signifié trois minutes après. Si au bout de quinze, le combat n’est pas terminé, le 3e avis ordonne le retour du toro aux corrales.

Les oreilles : la 1ère oreille est accordée si la majorité du public en fait la pétition à l’aide d’un mouchoir blanc. L’octroi de la seconde oreille et de la queue relève de la seule compétence du président. Il prendra en compte la demande du public, la qualité de la prestation à la cape et à la muleta et, surtout, la façon dont l’estocade est portée. La musique est souvent la première récompense de la qualité des faenas. Le Président est le seul décideur pour faire jouer l’orchestre.

L’indulto : la grâce du toro est accordée par le président en raison de son excellente présentation et de son comportement exceptionnel dans toutes les phases du combat sans exception, notamment en prenant les piques avec style et bravoure. Le public doit demander majoritairement l’indulto ainsi que le matador. L’éleveur devra obligatoirement donner son aval car il servira ensuite de reproducteur (semental).

Les mouchoirs

Blanc : ordonne le début du spectacle, la sortie des toros, le changement des tercios, les avis et l’octroi des trophées.

Vert : signifie le renvoi d’une bête aux corrales afin de le remplacer par le toro de réserve.

Rouge : demande la pose des banderilles noires (de châtiment) en cas d’impossibilité de piquer correctement le toro.

Bleu : autorise un tour de piste à la dépouille du toro.

Orange : accorde la grâce de l’animal (indulto).

La cuadrilla du torero : une équipe sur le sable et dans les coulisses

Les banderilleros

Deux banderilleros se partagent successivement le travail. L’un assure la “lidia” du toro avec la cape, pendant que le second posera deux paires de banderilles. Ils inverseront ensuite les rôles face au second brave. Le “troisième” protège le second picador, puis met une paire de banderilles à chaque toro avant de le puntiller après l’estocade.

Les picadors

Les deux picadors, qui étaient les stars du ruedo au 19e siècle, piquent chacun un toro. Chacun possède sa monture et le choix du cheval se fera par ordre d’ancienneté des cavaliers. Ce rôle exige des qualités équestres pour manier le cheval en citant le toro de trois quart avant d’absorber la charge du brave, et de précision pour positionner le fer dans la base du morillo (boule de muscle située dans le cou). Il doit également doser le châtiment pour préparer le toro à la faena et l’estocade sans toucher aux capacités motrices du brave.

Les hommes de l’ombre

Le torero est accompagné d’un apoderado, son impresario, et d’un mozo d’espada avec un assistant (ayuda). Ce valet d’épée s’occuper du matériel, de la garde-robe du maestro et de la logistique. Il est le confident avec qui le torero partage ses moments de joies et de doutes. Le seul qui connaît vraiment l’intimité et la fragilité de l’homme qui se cache derrière le matador. Enfin, deux chauffeurs conduisent torero et cuadrilla où il peuvent avaler jusqu’à 80 000 kilomètres.

Le Paquito!

C’est une tradition née lors des férias dans le Sud-Ouest de la France. Elle consiste à faire s’asseoir en file indienne des gens par terre puis à les faire lever les bras au rythme des chants locaux et pourquoi pas sur la Pena Bainoa. La suite, on la connaît déjà. Comme l’a très bien réalisé Jean Lassalle, un invité se jette alors sur les mains de ces convives et se laisse tout doucement porter jusqu’à la fin de la file, pour continuer la joyeuse sarabande.

Lexique taurin

Aficionado : amateur de corridas. 

A hombros : sortie en triomphe. 

Alguazil : représentant de la présidence en piste. 

Alternative : cérémonie de passage de novillero à matador de toros. 

Apartado : réalisation de trois lots de toros pour la corrida avant le sorteo (tirage au sort). 

Apoderado : impresario. 

Becerro : toro de deux ans pour les novilladas non piquées. 

Brindis : dédicace d’un toro par le torero au public ou à une personne. 

Bronca : forte contestation du public. 

Callejon : contre piste. 

Cartel : affiche de la corrida. 

Caste : race. 

Cornada : coup de corne. 

Cuadrilla : équipe qui assiste le matador. 

Faena : troisième tiers du combat où le torero utilise la muleta avant de porter l’estocade. 

Finca : propriété où sont élevés les toros. 

Ganaderia : élevage de toro. 

Ganadero : éleveur. 

Indulto : grâce du toro. 

Lidia : combat du toro. 

Maestro : torero. 

Mano a mano : corrida avec seulement deux toreros. 

Manso : toro sans bravoure qui refuse le combat. 

Mayoral : régisseur des toros au campo. Représentant de l’éleveur lors de la corrida. 

Montera : chapeau du torero. 

Mozo de espada : valet d’épée. 

Muletazo : passe du torero avec la muleta. 

Naturelle : passe de base de la corrida. Réalisée avec la muleta sans l’aide de l’épée et en général de la main gauche. 

Novillo (utrero) : toro âgé de trois ans et moins de 4 ans. 

Paseo : défilé du début de la corrida. 

Patio de cuadrillas : cour où les toreros attendent le paseo. 

Peon : subalterne du torero. Se dit aussi banderillero. 

Pinchazo : coup d’épée raté du torero dans l’os du toro. 

Président : arbitre qui fait respecter le règlement taurin aidé par deux assesseurs. 

Rejoneador : torero à cheval. 

Ruedo : piste où se déroule le combat. 

Sobrero : toro de réserve. 

Sorteo : tirage au sort des lots de toros attribués à chaque torero. 

Tercio : le combat se divise en trois tiers. 

  • 1er tercio : cape et pique. 
  • 2e tercio : banderilles. 
  • 3e tercio : faena de muleta et estocade. 

Tertulia : réunion de personnes qui échangent sur la corrida du jour. 

Torista : aficionado préférant les toros sérieux et braves. 

Torerista : aficionado préférant voir les toreros briller. 

Trapio : aspect physique qui caractérise le toro. 

Vuelta : tour de piste accordé au toro ou au torero pour récompenser la qualité de leur prestation. 

Zapatillas : chaussures du torero.

———–

http://www.fr.wikipedia.org

http://www.beziers-mediterranee.com

http://www.yapaslefeuaulac.ch

http://www.lefigaro.fr

http://www.midilibre.fr (12.08.2022)