Poésie

Béziers : onze poètes dans un plateau

Des bustes érigés dans le poumon vert de Béziers (ML – Pierre Saliba)

29.6.2017 – Samedi, l’illustre parc de Béziers célèbre ses 150 ans. Présentation des bustes parfois méconnnus. 

Bustes fiers. Érigés pour l’éternité, parfois des mains d’Injalbert, dans le poumon vert de Béziers. Ces visages sculptés ont marqué de leur empreinte la poésie, qu’elle soit occitane ou française. Assez en tout cas pour passer à la postérité ces auteurs, dans une ville qui les a vus parfois naître. Visite dans le plateau dédié aux odes.

1802-1885. Incontournable auteur du XIXe siècle et de quelque 663 poésies, entre autres, il était évident que Victor Hugo ait sa place dans le plateau. Il est pourtant le seul des onze à n’avoir aucune accointance avec Béziers. Son buste signé Injalbert a été inauguré le 18 août 1902.Vandalisé depuis, c’est une réplique réalisée par Jean Magrou que l’on peut voir encore aujourd’hui.

1778-1856. Avant que son visage ne soit moulé à son tour, la ville lui doit, notamment, la statue de Paul Riquet. C’est avec ce médecin, avocat, riche propriétaire terrien et écrivain que la liaison avec la Société archéologique, scientifique et littéraire débute, puisque la plupart des statues représentent des membres de cette union, mais aussi du Félibrige, association fondée par Frédéric Mistral. À lire surtout, de la plume de Jacques Azaïs, Lous Dusubrets (Les Désœuvrés), une satire en occitan spirituelle et savoureuse contre… des Biterrois, mais qui reste d’actualité. Un texte édité dans le vrai Journal de Béziers de l’époque.

1805-1888. Fils de Jacques, son buste a été inauguré en même temps que celui de son père, le 1er septembre 1904, suite à un retard d’Injalbert. Au cours de ses études au lycée Louis-le-Grand, à Paris, le Biterrois se lie avec de grands savants. Ensemble, ils créent la science de la philologie (langage).À son retour dans le Sud, il consacre 20 ans de travail à éditer l’encyclopédie de Maffre (lire ci-dessous), le Bréviaire d’amour. Cette œuvre a ruiné la Société archéologique, mais reste la plus vaste du Languedoc à ce jour encore.

Représenté en moine, il ne l’est pourtant “pas du tout”, indique Henri Barthés, président de la Société archéologique de Béziers. Ou alors de façon allégorique. Pas plus qu’il n’était membre de cette même société puisque vivant au XIIIe siècle…Mais Maffre Ermengaud laisse une œuvre colossale : cette fameuse encyclopédie du savoir des laïques fondée sur la conception courtoise de l’amour. Juriste, professeur, troubadour, il est aussi l’auteur de chansons et sirventes.

Dit Lou Mascarat, cet ouvrier agricole laisse un recueil de poésies languedociennes. Benjamin Fabre n’aimait pas la tournure des événements de Béziers au début du XIXe siècle et surtout l’enrichissement rapide dû à la vente du vin en grandes quantités.Il avait, dit-on, un franc-parler assez vert, refusant d’écrire dans une autre langue que l’occitan. Une persévérance saluée.

Il est l’archétype du Provincial qui réussit à Paris. Plus de cinquante pièces de cet auteur dramatique à succès y sont jouées de 1830 à 1850.Comme Le Mari de ma femme ou La Mort de Figaro. Nommé ministre des Beaux-Arts en 1948, Joseph Rozier ne s’est rendu au ministère que pour signer… sa démission.

À l’Académie française pendant 40 ans, doyen de l’auguste assemblée et député, il vécut 90 ans. S’il a connu le Sacre de Napoléon ou la Révolution, la postérité ne retiendra de lui qu’il fut la tête de turc préférée de Charivari, un hebdo satyrique.Écrivain des tragédies quand personne ne voulait plus en entendre, Viennet était l’ennemi juré des Républicains, des Romantiques…Tant d’honneur et d’antagonismes méritaient apparemment un buste.

Originaire de Villeneuve-lès-Béziers, cet ouvrier agricole publie, en 1877, Lou Campestre, recueil de poésies et, en 1880, un roman d’aventures en langue d’oc, Jean de Calais…”alors que l’auteur n’est jamais sorti de sa chambre”, selon Henri Barthés. Sa statue est érigée près de la gare.

Né et mort à Nissan, limonadier à Magalas, puis à Béziers, Émile Barthe s’est consacré ensuite au théâtre.Il a écrit une foule de pièces, dont la plus célèbre et la plus jouée, Lous Proufitaires, met en scène les escrocs de la Grande guerre.

Née et morte à Cazedarnes, poètesse de très grand talent, auteure de pièces de théâtre, de recueils, de chants traditionnels et d’études sur le costume féminin traditionnel, Jeanne Barthes fut la première femme élue Majorale du Félibrige en 1938. Très rétrograde dans son siècle, elle laisse une poésie très moderne. À lire d’elle : Le Miroir magique ou La Nei d’estiu.

Le fondateur d’Arcadia, présidée, aujourd’hui, par le Dr Patrick Leblanc, est le dernier à être entré dans le cercle des poètes disparus. C’est fin octobre dernier que son épouse et son fils ont assisté à la découverte de son buste, au plateau. Déjà comme un coup d’envoi aux 150 ans qui approchent.
 

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Un lieu magique pour écouter du classique

19.6.2021 – Samedi au plateau des poètes concert de piano avec Jérome Médeville et poésies donné au sein d’un lieu magique.

Jérôme Médeville est un musicien et pianiste chevronné issu du « Théâtre de pierres » de Fouzilhon. avec son « piano voyageur » il sillonne la Région Occitanie; il possède une grande capacité d’improvisation en musique classique ou variétés ainsi qu’une très belle présence scénique. Il habite Pézenas.

Ludivine Henocq est une conteuse professionnelle magnifique, d’un naturel et d’une grâce étourdissante. avec sa « boîte à soupirs » -son accordéon- elle conte, elle chante et enchante petits et grands. Elle habite la Salvetat.

Patrick Vendrin est un comédien professionnel lecteur et diseur de poèmes, invité officiel et permanent du Festival des Voix Vives de Sète depuis le début. Il habite Montpellier.

Ada Mondès est une auteure et performeuse hors pair de poésie bilingue (espagnol/français). Sa présence scénique unique est d’une émouvante puissance singulière. Elle a ravi le public des Voix Vives l’an dernier.

Anna Pietsch est une danseuse, chorégraphe, pédagogue et poète d’une exigence professionnelle sans limites. Elle compose et performe des pièces chorégraphiques fondées sur des technique de l’art instantané. Elle est basée sur Gaillac. (GS)

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Béziers : Arcadia fête ses 70 ans d’expression poétique et son 35e grand prix

Yves Marcérou, chargé de la communication, et la présidente Arcadia, Anne Gualino (A.J.)

8.11.2019 – Samedi 9 novembre 2019, à partir de 15 h 30, Arcadia fête le 70e anniversaire de sa création ainsi que la 35e édition de son grand prix de poésie de la Ville de Béziers.

L’histoire de la poésie à Béziers est intimement liée à celle du poète Jean Bonicel. Né le 4 décembre 1920 à Béziers, ses études secondaires au lycée de La Trinité terminées, il participe aux Chantiers de Jeunesse, sorte de succédané du service militaire. L’un de ses supérieurs note déjà sa passion pour la poésie. Et la police, corps qu’il choisira à son retour des Chantiers.

Un véritable militant de la poésie

Très vite, il entre dans la Résistance, puis est arrêté en 1943 à Montpellier. Il sera libéré un an plus tard. De retour à Béziers, il reprend la vie professionnelle et épouse Jacqueline Poujol en 1947, année où il publie son premier recueil Intimement, (édition Guy Catel, Paris). Il a alors 27 ans et partage désormais sa passion, qui ne le quittera jamais, avec sa femme.

Le Biterrois deviendra un véritable militant de la poésie non seulement à travers son œuvre, mais aussi et surtout, dès 1949, Arcadia, à la fois une revue, des rencontres, des récitals et des spectacles poétiques, au théâtre municipal de Béziers dans un premier temps, puis dans un local en centre-ville. Objectif de la revue à la création : redonner tous ses droits à la poésie classique, s’opposant à la vague surréaliste et aux vers libres.

Le docteur Patrick Leblanc, un féru de poésie

En contact avec des poètes renommés de l’époque, il publiera dans sa revue, quelques œuvres inédites. Ou des lettres de poètes célèbres. Il fera ainsi appel à Cocteau en 1953, à Paul Géraldy et autres grands hommes de lettres et d’art.

Peu à peu, il évoluera vers l’ouverture, échappant aux contraintes de ses maîtres, et continuera à publier des nombreux recueils de poèmes. Il parvient, jusqu’à son décès en 1978, à réunir divers passionnés pour faire vivre la poésie française. Avant de s’éteindre, il demande à son épouse de continuer son œuvre. Même si la revue s’éteint quelque temps après la disparition de Jean Bonicel, la poésie continuera à faire vibrer les vers à travers cette fois Arcadia, l’association. Divers grands noms littéraires se succèdent à la présidence, dont Jacques Gasc et Yves Rouquette. En 1985, le grand prix de poésie de la Ville de Béziers est créé, en collaboration avec l’auteure Antoinette Dard-Puech.

Aujourd’hui, Arcadia, qui fête ses 70 printemps et son 35e grand prix, est présidé par le docteur Patrick Leblanc, très féru de poésie.

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Béziers : un buste de Jean Bonicel au cœur du Plateau des poètes

Jacqueline et Régis Bonicel ont découvert la sculpture de Jean Bonicel (Midi Libre – Pierre Saliba)

31.10.2016 – Une sculpture de Jean Bonicel, fondateur du groupe Arcadia, trône désormais au cœur du Plateau des poètes.

“La poésie est une rose dans les ténèbres.” Citant Mallarmé, devant le buste de son défunt mari, Jacqueline Bonicel, le visage lumineux, a rendu hommage à Jean, poète biterrois disparu en 1971. Près de rosiers, la sculpture trône désormais auprès de celles d’autres illustres faiseurs de rimes ou de prose, sur le bien nommé plateau des Poètes de Béziers. L’œuvre a été inaugurée ce samedi après-midi en présence de nombreux inconditionnels du verbe. Avec “Sur un parc”, Régis Bonicel, fils du poète, a, le premier, déclamé quelques lignes de l’hommage paternel au jardin qui le lui rend si bien aujourd’hui.

Vers un nouveau cycle pour le plateau

Un clin d’œil de l’Histoire locale, savoureuse mise en abîme. Jacques Nougaret, tel un barde biterrois, tout en verbe mais aussi en gestuelle, a ensuite interprété, “À ma ville Béziers”, une autre œuvre de Jean Bonicel devant la statue impassible de l’homme dont la mèche rebelle, tout en haut du front, a été soulignée par le sculpteur.

Le coup d’envoi des 150 ans du plateau des poètes

L’hommage a été rendu le jour où le Groupe Arcadia, dont Jean Bonicel a été le fondateur en 1949, décernait avec la ville le 32e grand prix de poésie. Le maire a indiqué que la présentation du buste donnait le coup d’envoi aux 150 ans du Plateau des poètes, célébrés le 23 juin prochain, signant “le début d’un renouveau pour le Plateau.” Ainsi, des textes de présentation des poètes du parc devraient être associés à leur buste, l’aire de jeux pourrait être déplacée derrière la statue de Jean Moulin et consacrée à Jean de la Fontaine. Enfin, les travaux de restauration de la fontaine du Titan doivent être engagés.

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Né en 1920 à Béziers, Jean Bonicel publie son premier poème en 1947 à Paris. Deux ans plus tard, il fonde à Béziers le groupe poétique Arcadia. Une de ses premières actions fut la création de la revue éponyme qui à ses débuts publie des textes en langue d’oc. Sous l’impulsion de poètes biterrois montés à Paris, la revue prend bientôt une audience nationale et accueille aux cotés des poètes locaux, les textes de Jean Cocteau, Paul Fort, Jules Roman, François Mauriac, Francis Carco, … . Jean décède prématurément de maladie en 1971. Son épouse, Jacqueline (1926—2018) poursuit son œuvre avec ferveur en assurant la publication de la revue jusqu’en 1977. Elle crée en 1985 avec Antoinette Dard-Puech et le soutien de la Ville de Béziers le Grand Prix de Poésie qui fête cette année sa 37ème édition.(https://testsaslb.files.wordpress.com)

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38e Grand prix de poésie de la Ville de Béziers : le buste d’Alban Véziers dévoilé au public

Le dévoilement du buste du poète
Midi Libre – Jacques Gillot

14.11.2022 – Le buste du poète Alban Véziers trône en bonne place au plateau des Poètes en centre-ville de Béziers. Il a été dévoilé au public ce samedi 12 novembre.

C’est dans le cadre du 38e grand prix de poésie de la Ville de Béziers qu’a été dévoilé le buste d’Alban Véziers, poète biterrois disparu en 1958.

La cérémonie s’est déroulée ce samedi 12 novembre au plateau de Poètes, en présence de Robert Ménard, maire de Béziers, de la députée Emmanuelle Ménard, d’Élisabeth Pissaro, adjointe déléguée à la culture et des membres de l’association Arcadia.

Après le dévoilement du buste du poète, Patrick Leblanc, président d’Arcadia a retracé la vie et l’itinéraire du poète depuis sa naissance à Béziers, ses longues promenades dans la campagne biterroise et les vingt années passées à la librairie Clareton auprès de son épouse Léna.

Les descendants du poète biterrois étaient présents.

Les descendants du poète biterrois étaient présents (Midi Libre – Jacques Gillot)

Hommage à Jean Bonicel

C’est à cette époque qu’il écrit Tapisserie de la chambre aux aubépines son unique ouvrage. Ce fut ensuite la lecture de quelques poèmes par Mrs Marcerou et Farenc, secrétaire et trésorier d’Arcadia. Le moment le plus émouvant de la cérémonie allait suivre avec le témoignage d’Edmond Véziers, fils du poète.

S’il avoue lui-même ne pas être un poète, l’émotion était présente en citant ces vers du poète : “Terre aimée où marcher est mon plus grand bonheur”. Après ses remerciements à la Ville de Béziers, à Arcadia et au sculpteur du buste de son père, il a rendu hommage à Jean Bonicel, poète et fondateur d’Arcadia en 1948.

Robert Ménard a évoqué l’importance de la librairie Clareton à Béziers, l’amour d’Alban Véziers pour sa ville et a conclu en précisant et souhaitant que la poésie régionaliste ne soit plus considérée comme une sous-poésie.

La traditionnelle photo de famille réunissant enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants a clôturé cette cérémonie.

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Béziers : poésie primée et amour des mots au programme d’Arcadia qui s’ouvre à l’international

Le concours de poésie est devenu international avec le temps.

17.11.2022 – La cérémonie de remise des trois prix de poésie a eu lieu samedi 12 novembre, en présence du maire Robert Ménard.

La salle du réfectoire des Abbés de Saint-Aphrodise a vu, samedi 12 novembre, la cérémonie de remise des trois prix de poésie, en présence du maire, Robert Ménard, président d’honneur, accompagné de la députée Emmanuelle Ménard et des membres d’Arcadia, association organisatrice de la cérémonie.

“Le Grand Prix cette année est devenu une manifestation internationale bien au-delà des pays francophones voisins puisque nous recevons à présent des recueils de candidats vivant en Asie et en Afrique”, a indiqué dans son discours le président d’Arcadia, Patrick Leblanc.

Et Élisabeth Pissarro, adjointe à la culture, d’ajouter : “Mon amour de la poésie, qui n’est pas un art mineur, est bien réel. Edmond, le fils d’Alban Véziers, nous a apporté la preuve devant le buste de son père (le nouveau buste installé au Plateau samedi) que sans être poète, on peut donner une résonance poétique à un texte en prose.”

La cérémonie a débuté par la remise du Grand Prix par Élisabeth Pissarro, à Claire Garnier-Tardieu pour son recueil Transhumance. La lauréate a ensuite lu quelques extraits de son recueil.

La poésie pouvant aussi être chantée, Anne Dubos et Joëlle Quet ont interprété Bist du beirmir, de Heiner Stolzel.

La remise du prix Arcadia à Laurent Nogatchewski, jeune poète toulousain, a été suivie par une interprétation accompagnée à la guitare de Manha de carnaval du film Orfeu Negro de Marcel Camus par Consuelo Rouquette.

La lauréate du prix Jean Bonicel n’ayant pu se déplacer, le texte du prix a été présenté par Roger Farenc et plusieurs poèmes lus par Régis Bonicel, fils du poète. Pour clôturer cet après-midi de poésie, Annie Debos proposa une très belle interprétation chantée du poème de Prévert.

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Source :

https://www.midilibre.fr – Cyril Calsina 29.6.2017 / Antonia Jimenez 8.11.2019 / correspondant 14.11.2022 / Jérôme Mouillot 31.10.2016 / Correspondant 17.11.2022

https://www.lepetitjournal.net – GS 29.6.2021