Béziers : cet immeuble à détruire où demeurait l’Arlésienne

Selon la mairie, le bâtiment doit être détruit courant 2015 (Pierre Saliba – ML)
31.12.2014 – La maison Cauffopé, à l’angle des Allées et de la rue Francois-Adrien Boieldieu à Béziers, appartenait à la fiancée du neveu de Mistral.
Il était difficile d’imaginer que l’immeuble qui se trouve à l’angle des Allées et de la rue Boieldieu, très laid en l’état et voué à la destruction dans les mois qui arrivent, pouvait présenter un intérêt patrimonial. Et pourtant… Un de nos lecteurs, Jean Ginot, nous a fait très justement remarquer qu’il avait appartenu à la famille Cauffopé, au milieu du XIXe, dont la fille Marie avait été l’ex-fiancée du neveu du célèbre félibre Frédéric Mistral. Cette information, il l’avait découverte dans l’ouvrage de Jean-Denis Bergasse et Philippe Marassé de la Société archéologique, De la place de la Victoire à la gare par les allées Paul-Riquet et la place de la Citadelle.
François Mistral se jette du haut du mas du juge
Cette Marie Cauffopé est passée à la postérité sous le nom de l’Arlésienne, cette femme que l’on ne voit jamais dans la nouvelle d’Alphonse Daudet. L’histoire commence lorsque François Mistral, est venu poursuivre ses études à l’École Saint-Dominique, rue Massol, chez les Frères de la Doctrine Chrétienne. Ses parents l’avaient recommandé auprès d’une famille biterroise amie, les Cauffopé. Leur fille, Marie, et François Mistral tombent amoureux l’un de l’autre.
Des fiançailles sont prévues mais, avant, le jeune homme rentre dans sa famille à Maillane, dans les Bouches-du-Rhône. C’est là qu’il apprend, par des sources biterroises bien informées, que sa dulcinée a un amant. Il sombre dans le désespoir et le jour de la fête du village, c’est le drame. François Mistral se jette du haut du Mas du Juge, la vieille bâtisse familiale.
De marie la Biterroise à l’Arlésienne
Cette tragédie, Frédéric Mistral la racontera quelques années plus tard à son ami Alphonse Daudet. Ce dernier, la reprend dans Les lettres de mon Moulin, sauf que Marie la Biterroise est devenue Arlésienne. Le conte deviendra un drame en trois actes que Georges Bizet va mettre en musique. Un an après, la jeune femme a épousé le brasseur Hérand et reçu la maison située au 44 des allées Paul-Riquet.
Par ailleurs, notre lecteur note également que la maison Cauffopé, avec son architecture si particulière et typique de l’époque de la construction des Allées, n’est pas sans rappeler le Flatiron building de Manhattan. Il souligne d’ailleurs, qu’il existe d’autres immeubles de cette sorte à Béziers : derrière le café de la Rotonde en bas des Allées ; la villa Attilio, à l’angle de l’avenue Saint-Saëns et de la rue Verdi ; l’ancien café Pergola, place de la Victoire. Autant d’arguments qui, selon lui, devraient aller dans le sens d’une rénovation de la maison Cauffopé et non de sa destruction.
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Boieldieu François-Adrien – 1775-1834

Né à Rouen 6 décembre 1775, mort à Varennes-Jarcy 8 octobre 1834.
Son père est secrétaire à l’archevêché de Rouen. Il approche le chant et peut être le solfège comme enfant de chœur à la cathédrale de Rouen sous la direction d’Urbain Cordonnier qui obtient son poste en 1783, après avoir été maître de chapelle à Coutances et à Évreux.
Il suit des cours de piano, d’orgue et d’harmonie avec l’organiste et compositeur Charles Broché (1752-1803), de retour à Rouen en 1777.
Au début de 1791, il est organiste de l’église Saint-André à Rouen et commence à composer. En 1793 il compose son premier opéra comique, sur unlivret de son père, La Fille coupable. Cabousse qui dirige le Théâtre des Arts de Rouen, le met au programme le 2 novembre 1793.
En 1794 il se produit enconcert comme pianiste et compositeur et publieses premières romances à Paris. En 1795, il compose et crée un nouvel opéra comique, Rosalie et Myrza et s’installe à Paris au cours de l’été 1796.
En 1797, trois de ses opéras son produits : La Famille suisse, L’heureuse nouvelle et Le Pari. En 1798, Zoraïme et Zulnar est donné à la Salla Favart. La même année il est nommé professeur de piano au tout nouveau Conservatoire (il a Fétis comme élève en 1800).
François Adrien Boieldieu, concerto pour harpe en do majeur, I. Allegro brilliante, II. Andante Lento, III. Rondeau : Allegro agitato, Marisa Robles, Academy of St. Martin in the Fields, sous la direction de Iona Brown.
Dans les années suivantes le succès ne se dément pas avec “La Dot de Suzette, Béniowski, Le Calife de Bagdad (1800), Ma Tante Aurore“.
En 1802 il épouse Clotilde Mafleurai qui est danseuse. En 1803 il accepte un poste à la cour impériale de Saint-Petersbourg où il devint directeur de l’opéra français. Il revient définitivement à Paris malgrés les offres importantes du tsar.

Il renoue avec les succès parisiens par la création de son opéra Jean de Paris, puis en 1813 avec Le Nouveau seigneur du village et en 1816 La Fête du village voisin sur un mauvais livret de Charles-aoûtustin Sewrin.
En 1815, il est compositeur et accompagnateur à la cour. En 1817 il succède à Méhul à) l’Académie des Beaux-Arts. En 1818, il crée à l’opéra comique Le Petit chaperon rouge d’après Perrault. Il révise Les Voitures versées (Le Séducteur en voyage, 1808) et le représente en 1820. En 1823, La France et l’Espagne. En 1824, Les Trois genres est donné à L’Odéon (Paris).
François Adrien Boieldieu, concerto pour piano en fa majeur, Martin Galling, Innsbruck Symphony Orchestra, sous la direction de Robert Wagner.
Pour le couronnement de Charles X (juin 1825), il compose Pharamond en collaboration avec Berton et Rodolphe Kreutzer. Alors que la mode tourne en faveur du style de Rossini, que Boïeldie admire, qu’il compose en 1825 l’un de ses plus grands succès, La Dame blanche sur un livret de Scribe.
En 1826 Clotilde Mafleurai, avec laquelle il est séparé depuis sonséjour à Saint-Petersbourg, décède. Il se marie le 23 janvier1727 avec sa concubine, la chanteuse Jenny Philis-Bertin.
En 1829, il cherche à varier son style avec Les Deux nuits, mais cette œuvre est rapidement supprimée du programme de l’Opéra de Paris. Il commenc alors un nouvel opéra, Marguerite, sur un livret de Scribe, mais la maladie stopera sa composition (cet opéra est achevé en 1838 par son fils, Louis Boieldieu).
Des problèmes à la gorge le ménéra en 1830 en cure à Eaux-Bonnes dans les pyrénées, à Hyères, en Italie (1832), de nouveau à Eaux-Bonnes en1834.
On lui fait des obsèques nationales aux invalides, il est incinéré à Rouen.
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Source :
https://www.midilibre.fr – Emmanuelle Boillot 31.12.2014
https://www.musicologie.org – Jean-Marc Warszawski 7.10.2017