Place Jean Jaurès – la Citadelle

Sur la Place Jean Jaurès en plein cœur de la ville, venez assister au spectacle de la fontaine musicale. Une performance alliant son, lumière et jets d’eau qui ne manquera pas d’émerveiller petits et grands. Un vrai feu d’artifice aquatique.

La configuration actuelle de la Promenade biterroise est intimement liée à la place Jean-Jaurès, fréquemment appelée Citadelle par les Biterrois. Rénovée en 2017-2018, cette dernière a une histoire beaucoup plus ancienne même si elle n’apparaît pas physiquement.

Béziers a deux collines occupées par les quartiers Saint-Jacques et Saint-Nazaire. “À l’origine, le lieu avait sensiblement l’aspect de la place Jean-Jaurès actuelle avec un belvédère sur une pente abrupte au sud et à l’est, explique Elian Gomez, archéologue de la Ville de Béziers. Sa situation est en bordure de la colline de Saint-Nazaire avec un vallon entre les deux. Il est dû à une source naturelle, celle de l’Embroucadou, qui sera canalisée à la fin du XIXe siècle, rues des Anciens-Combattants.”

Entre la rue des Balances et la rue Pélisson, il existait un petit relief dont l’actuelle impasse du square Barthe donne une idée de l’ancien niveau du sol. À noter que la Via Domitienne romaine passait par là, en venant de l’actuelle avenue Saint-Saëns pour rejoindre D’Estienne-d’Orves et Canterelle.

Après le “sac” de Béziers par les Croisés, Bernard Aton consentira une “cession forcée” – en 1214 – à Simon de Montfort, de ses possessions de Nîmes et de Carcassonne. Cette cession aura lieu dans un château neuf construit sur un nouveau site. Ceci est rapporté dans une chronique de Mercier et Régis, en 1220. Ce château neuf vicomtal avait été édifié sur un emplacement stratégique, près des remparts “est” de la cité. Là où l’ancienne voie domitienne pénétrait dans la ville, en un lieu dépourvu de défenses naturelles comme c’était le cas, à l’ouest, à l’aplomb de l’Orb. Sans doute instruit de la relative facilité d’investir la cité en descendant du Plateau de Valras (av. St Saëns), le nouveau Seigneur de Béziers avait décidé de ce nouvel emplacement (actuelle place Jean Jaurès).

Donc c’est en effet là, sur la Place Jean Jaurès, qu’a été construit au XIIe siècle le château neuf du vicomte Trencavel, seigneur de Béziers. Il a été détruit en 1224, lorsque les Biterrois se sont révoltés contre Amaury de Montfort, fils d’un des barons du Nord venus faire croisade contre l’hérésie cathare sous la bannière du pape Innocent III, avec l’aval du roi Philippe-Auguste. Quelques années plus tard, en 1247, Louis IX concède aux Frères prêcheurs l’emplacement du château, pour y construire un couvent.

En 2015-2016, des fouilles ont permis de mettre au jour des vestiges du rempart et du fossé médiéval qui allait de l’actuelle Rampe des Poilus à l’îlot bâti qui se trouve entre la rue Pélisson et les Allées.

L’assiette exacte du Château-Neuf des Trencavel, construit durant la deuxième moitié du XIIe siècle, n’est pas connue. Mais, une tour a été localisée sur le fond de l’actuelle place Jean-Jaurès et il s’appuyait sur le rempart de la ville. Son emprise a été recouverte par le couvent des Frères prêcheurs.

En 1543-1544, Anne de Montmorency, construit un bastion défensif de l’autre côté du rempart. Il allait jusque vers l’emplacement de la statue de Paul-Riquet. Son fils, Henri 1er, fait édifier une citadelle sur l’emplacement du couvent des Frères prêcheurs. Sa vie, comme celles des autres grands édifices d’intérêt public avant elle, sera de courte durée (1585-1632).

Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, l’évêque et les consuls s’accordent pour transformer La Citadelle en espace public. Un très long travail de nivellement est entrepris. Au fil du temps, des immeubles sont construits sur son pourtour. Les fossés seront remblayés et le bastion démoli pierre par pierre pour servir au mur de soutènement du lycée Henri-IV.

La Citadelle accueillera la foire aux bestiaux, un kiosque et une fontaine seront installés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des tranchées de défense passive ont été creusées pour la protection de la population. Ensuite, La Citadelle est devenue gare routière. Le parking souterrain a fini de compliquer le travail des archéologues pour retracer exactement l’histoire des lieux. À l’époque, les fouilles préventives n’existaient pas.

———-

Son riche passé est à l’origine de cette appellation qui résiste envers et contre toute tentative de changement.

Bien qu’elle ait été baptisée “Jean-Jaurès” en 1924, cette place reste, pour de nombreux Biterrois, celle de la Citadelle. Cette appellation est liée à la riche histoire de la cité dont beaucoup d’épisodes se sont déroulés sur ce site.

———-

Archéologie à Béziers : la place Jean-Jaurès livre un pan de son histoire

Deux parements révélés par l’équipe municipale d’archéologie – Photo Pierre Saliba (Midi Libre)

29.4.2015 – Les fouilles sur la place Jean-Jaurès à Béziers (Hérault) ont mis au jour les fondations de l’extrémité d’un bastion de la citadelle de Montmorency.

Les travaux à Béziers, ville au riche passé, ont ceci d’intéressants pour les historiens, qu’ils sont précédés d’un diagnostic archéologique, obligatoire depuis la loi de 2001, pour tous les chantiers qui touchent au sous-sol. S’il est jugé intéressant, des fouilles préventives sont ordonnées. Et c’est quasiment toujours le cas en Biterre. L’installation de la fontaine musicale sur la place Jean-Jaurès, voulue par la municipalité de Robert Ménard (Midi Libre du 25 mars et du 21 avril) et pour un coût de 2 M€, n’échappe pas à la règle.

Des vestiges révélés

Les travaux ont commencé il y a un peu plus de 15 jours et, déjà, l’équipe municipale d’archéologie préventive, dirigée par Élian Gomez, a mis au jour d’impressionnants vestiges. “Il s’agit de l’extrémité d’un bastion de la citadelle qui aurait été construite en 1585 par Henri de Montmorency“, précise l’archéologue, qui poursuit : “Nous avons deux états : un parement externe contre lequel s’adosse un blocage, puis un deuxième parement, à trois mètres de distance, pour consolider la citadelle.” Les murs sont puissamment fondés jusqu’à environ 5 m de profondeur. La mise au jour concerne 2,5 m. L’équipe ne va pas être obligée de creuser au fond, puisqu’un sondage pédologique (NDLR : étude du sol) a été effectué.

Cette première phase de fouilles doit durer encore deux à trois semaines, le temps d’enregistrer toutes les informations. La deuxième tranche de fouilles, qui concerne l’espace qui se trouve sous le tas de terre actuel, démarrera après les festivités de l’été. Quant au devenir des fondations trouvées, il est bien trop tôt pour le connaître.

L’équipe d’Élian Gomez est satisfaite de ce chantier, mais aussi un peu déçue : “On espérait trouver des traces du château neuf de Trencavel, construit au XIIe siècle approximativement ici et détruit en 1224 lorsque les Biterrois se sont révoltés contre Amaury de Montfort.” Mais, les différentes démolitions et reconstructions à travers les siècles (lire l’encadré), puis le réaménagement de la place au XIXe siècle et le creusement du parking souterrain entre 1970 et 1980, semblent avoir tout emporté. À l’époque, les fouilles préventives n’existaient pas, et seules restent quelques observations de Mme Lapeyre, dans un bulletin de la Société archéologique.

———-

Cette place de La Citadelle, témoin d’une riche histoire invisible à Béziers !

Plan de la Place de Béziers dressé par le Génie en 1816. On distingue l’emplacement
du bastion d’Anne de Montmorency

17.4.2022 – Après l’histoire des Allées, Midi Libre propose celle de la place de “La Citadelle”.

Dimanche 3 avril, à l’occasion des travaux, Midi Libre proposait un retour sur l’histoire des allées Paul-Riquet. La configuration actuelle de la Promenade biterroise est intimement liée à la place Jean-Jaurès, fréquemment appelée Citadelle par les Biterrois. Rénovée en 2017-2018, cette dernière a une histoire beaucoup plus ancienne même si elle n’apparaît pas physiquement.

Béziers a deux collines occupées par les quartiers Saint-Jacques et Saint-Nazaire. “À l’origine, le lieu avait sensiblement l’aspect de la place Jean-Jaurès actuelle avec un belvédère sur une pente abrupte au sud et à l’est, explique Elian Gomez, archéologue de la Ville de Béziers. Sa situation est en bordure de la colline de Saint-Nazaire avec un vallon entre les deux. Il est dû à une source naturelle, celle de l’Embroucadou, qui sera canalisée à la fin du XIXe siècle, rues des Anciens-Combattants.”

Entre la rue des Balances et la rue Pélisson, il existait un petit relief dont l’actuelle impasse du square Barthe donne une idée de l’ancien niveau du sol. À noter que la Via Domitienne romaine passait par là, en venant de l’actuelle avenue Saint-Saëns pour rejoindre D’Estienne-d’Orves et Canterelle.

Dans le dernier quart du XIXe siècle, une fontaine puis un kiosque ont été implantés sur la place de La Citadelle.
Dans le dernier quart du XIXe siècle, une fontaine puis un kiosque ont été implantés sur la place de La Citadelle

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des tranchées de défense passive ont été creusées pour la protection de la population.

En 2015-2016, des fouilles ont permis de mettre au jour des vestiges du rempart et du fossé médiéval qui allait de l’actuelle Rampe des Poilus à l’îlot bâti qui se trouve entre la rue Pélisson et les Allées.

L’assiette exacte du Château-Neuf des Trencavel, construit durant la deuxième moitié du XIIe siècle, n’est pas connue. Mais, une tour a été localisée sur le fond de l’actuelle place Jean-Jaurès et il s’appuyait sur le rempart de la ville. Son emprise a été recouverte par le couvent des Frères prêcheurs.

La première foire d’hiver sur la place de La Citadelle a eu lieu en 1860.
La première foire d’hiver sur la place de La Citadelle a eu lieu en 1860

En 1543-1544, Anne de Montmorency, construit un bastion défensif de l’autre côté du rempart. Il allait jusque vers l’emplacement de la statue de Paul-Riquet. Son fils, Henri 1er, fait édifier une citadelle sur l’emplacement du couvent des Frères prêcheurs. Sa vie, comme celles des autres grands édifices d’intérêt public avant elle, sera de courte durée (1585-1632).

Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, l’évêque et les consuls s’accordent pour transformer La Citadelle en espace public. Un très long travail de nivellement est entrepris. Au fil du temps, des immeubles sont construits sur son pourtour. Les fossés seront remblayés et le bastion démoli pierre par pierre pour servir au mur de soutènement du lycée Henri-IV.

La Citadelle accueillera la foire aux bestiaux, un kiosque et une fontaine seront installés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des tranchées de défense passive ont été creusées pour la protection de la population. Ensuite, La Citadelle est devenue gare routière. Le parking souterrain a fini de compliquer le travail des archéologues pour retracer exactement l’histoire des lieux. À l’époque, les fouilles préventives n’existaient pas.

Achevée en 1854, la Rampe de La Citadelle, qui deviendra la Rampe des Poilus en 1918, est un immense mur de soutènement qui sert à relier, pour les piétons et les bestiaux, la place au faubourg des Terres Blanches, l’actuelle avenue Joffre.
Achevée en 1854, la Rampe de La Citadelle, qui deviendra la Rampe des Poilus en 1918, est un immense mur de soutènement qui sert à relier, pour les piétons et les bestiaux, la place au faubourg des Terres Blanches, l’actuelle avenue Joffre.

Une histoire mouvementée

Les vicomtes de Trencavel ont d’abord occupé un château près des places actuelles des Bons-Amis et de la Révolution.

Durant la deuxième moitié du XIIe siècle, un Château-Neuf a été construit par le vicomte Trencavel. Après le sac de Béziers, en 1209, lors de la croisade contre les Cathares, le Château-Neuf a été repris par les Montfort, barons du Nord. Il a été détruit en 1224, lorsque les Biterrois se sont révoltés contre Amaury de Montfort, fils d’un des barons du Nord venus faire croisade contre l’hérésie cathare sous la bannière du pape Innocent III, avec l’aval du roi Philippe-Auguste. Quelques années plus tard, en 1247, Louis IX concède aux Frères prêcheurs l’emplacement du château, pour y construire un couvent.

En 1248, Louis IX donne l’emprise des ruines du Château-Neuf aux Frères prêcheurs pour y construire un couvent. Pendant les guerres de religion, Anne de Montmorency, gouverneur du Languedoc, renforce les fortifications de Béziers (1543-1544) en faisant édifier un bastion.

Son fils, Henri 1er, lui aussi gouverneur du Languedoc, fait bâtir une citadelle sur l’emplacement du couvent en 1585. Elle sera détruite, en 1632, après que son fils, Henri-II, a soutenu Gaston d’Orléans contre Louis-XIII.

Mais la place gardera le nom de Citadelle jusqu’à nos jours même s’il ne reste aucune trace visible de cet édifice.

C’est en 1585, que le duc Henri Ier de Montmorency les en délogera pour construire sa citadelle. Lui-même subira le même sort en 1632, lorsque Louis XIII et Richelieu la feront raser pour punir Béziers d’avoir soutenu Gaston d’Orléans, par le biais de Henry II de Montmorency. La place a ensuite été comblée par les déblais. Seul est resté un bastion dans lequel une brèche a été percée pour laisser le vieux chemin de Montpellier.

Aménagée au XIXe siècle

La place est devenue foire aux bestiaux, puis a été aménagée à partir du XIXe siècle. C’est là que les Biterrois ont fêté la prise de la Bastille, la fête de la Fédération et planté le premier arbre de la Liberté. C’est là aussi qu’a été guillotiné le républicain André Cadelard, avec d’autres manifestants, pour s’être opposé au coup d’État de Louis-Napoléon, le 2 décembre 1852.

Mais dans la mémoire collective des Biterrois, le seul nom qui est resté de tous ces événements historiques c’est “ La Citadelle”.

Les fondations de la citadelle du duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, construite en 1585 et détruite en 1632 sur ordre du cardinal de Richelieu, apparaissent sur la place Jean-Jaurès. L’équipe municipale d’archéologie vient de mettre à jour les vestiges, à l’occasion des fouilles préventives entreprises dans le cadre du chantier de la fontaine musicale qui doit être édifiée à cet endroit. Nous reviendrons sur cette période de l’histoire de Béziers prochainement.

———-

http://www.midilibre.fr – Emmanuelle Boillot 29.4.2015 / 2.8.2019 / 17.4.2022

http://www.midilibre.fr – Pierre Saliba https://www.reussir-a-beziers.com