Depuis Octobre 1944, pour commémorer la libération de Béziers par le départ des troupes Allemandes. C’était “l’avenue de la République” en 1884, “l’avenue de Saint Pierre” en 1868, “le chemin de la Font de Maury” en 1830 et le “chemin de la Crouzette” en 1807.
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Réfection de l’avenue du 22-Août biterroise : sous le bitume l’amiante

Une mauvaise surprise attendait les ouvriers lorsqu’ils ont décrouté la voie. (E.B.)
27.1.2023 – La municipalité souhaite que les personnes qui garent leur véhicule dans le futur parking silo de la place De-Gaulle empruntent un beau cheminement pour rejoindre les allées Paul-Riquet.

Parallèlement au chantier des allées Paul-Riquet, l’avenue du 22-Août-1944 est, elle aussi, en voie de réhabilitation. Des travaux nécessaires, selon la mairie, mais qui augmentent les difficultés de circulation en centre-ville, tout le monde en convient.
Mauvaise surprise pour la Ville, sous la chaussée se trouvait de l’amiante. Pas loin de 3 000 tonnes ont dû être enlevées sur 18 centimètres de profondeur ce qui a coûté 800 000 € de plus pour ce chantier.
Ces travaux se poursuivent pour être terminés en même temps que ceux des Allées et l’ouverture du parking silo de la place De-Gaulle, c’est-à-dire à la fin du mois de juin prochain. L’idée étant que, après avoir garé leur véhicule, les visiteurs trouvent naturellement le chemin des Allées, grâce à une liaison agréable, avec de beaux trottoirs et une chaussée refaite.

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Le Combat de la Libération de Béziers
Le 20 août 1944, l’armée allemande remonte les allées Paul Riquet pour emprunter l’avenue Clemenceau. Sans doute, les soldats se meprennent-ils sur l’attitude des Biterrois et font feu sur la foule. il y aura plusieurs tués et blessés. Fernand Pagès, venant de l’Aveyron, est à la tête d’une vingtaine d’hommes des Corps Francs (CFL) quand il décide le 22 août en début d’après-midi par esprit de vengeance, d’affronter les allemands.

A la suite d’une erreur d’itinéraire, un convoi allemand se dirigeant vers Montpellier emprunte l’avenue de Bédarieux. Conscients d’avoir commis une erreur de route, les Allemands prennent alors la rue Argence pour rejoindre la Route de Pézenas.
Sur le boulevard Mistral avec ses équipes, Dessene est prévenu. Il décide de riposter en attaquant ces troupes sur le flanc. Ils entrent dans la Gare du Nord et attaquent à la grenade le camion, répandant la mort côté allemand. Plus tard, Francis Jouvin alias ‘Capitaine Cabrol”, devait s’emparer de la mairie de la ville de Béziers. Le groupe Arnal, vers 17h, venant en renfort de l’équipe Grandidier, pris part à l’attaque d’un autre convoi allemand au Capiscol. Béziers était libérée.
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Les habitants du Biterrois sortent dans les rues, libres. Occupée depuis le 11 novembre 1942 et l’opération “Anton”, nom de code donné à l’invasion de la zone libre française par les armées allemandes et italiennes, la ville de Riquet peut enfin souffler. Des signes avant-coureurs permettaient d’apercevoir la lumière au bout du tunnel : bombardement des Alliés, le 5 juillet 1944, sur la gare de Béziers et autres infrastructures ferroviaires du Languedoc, multiplication d’actes résistants durant l’été comme le sabotage de lignes de chemins de fer, la désertion de la Gestapo le 19 août.
Le 22 août 1944, les troupes allemandes se retirent, battues, de Béziers et des villages alentour.
Une journée protocolaire bien ficelée
Ce mardi 22 août 2023, date anniversaire de la libération de la Ville, élus locaux, anciens combattants et autres se rassembleront, notamment pour rendre hommage aux victimes, décédées durant la période d’occupation nazie lors de la Seconde Guerre mondiale.

Dès 10 h, la cérémonie officielle débutera au plateau des Poètes, comme chaque année, avec un dépôt de gerbes, devant la stèle située sur la partie haute du jardin et érigée à la mémoire des victimes civiles tuées par les troupes allemandes lors de la libération de la Ville en août 1944. Plus tard dans l’après-midi, à 18 h, une messe sera donnée à l’église Saint-Jude. Au terme de celle-ci, un nouveau dépôt de gerbes sera réalisé au pied d’une stèle, dressée devant l’édifice religieux. C’est à la suite de cet acte solennel qu’un cortège se formera et déambulera jusqu’au jardin Émile-Ain, au bord de l’Orb, de l’autre côté de la rive. Une fois sur place, un élu de Béziers prendra la parole à 19 h 30.
Un apéritif, offert par la ville, clôturera la partie protocolaire de l’événement.
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15 août 1944 : Le débarquement de Provence
Le 15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Ce débarquement vient après ceux de Sicile et de Normandie et pour la première fois, il comporte un contingent important de Français. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure en effet un puissant corps d’armée constitué de 260 000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny.
Le débarquement proprement dit se déroule plutôt bien, car une bonne partie des troupes allemandes ont été rappelées vers le front de Normandie, ouvert deux mois plus tôt. Toutefois, la prise de Marseille et de Toulon va se heurter à une forte résistance de l’occupant.

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France

Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence est placé sous le commandement du général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine. Pour la première fois intervient aussi une véritable armée française, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny.
Forte de 260 000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et surtout d’anciens soldats de l’armée d’armistice, qui étaient aux ordres de Vichy. Elle recense aussi des conscrits d’Afrique du Nord, « pieds-noirs » et musulmans à part égale. Pendant que les Anglo-Saxons s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.
Une progression plus rapide que prévu

Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes.
À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne qui permettra qu’aucun ne soit coulé. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud.
En deux jours, 115 000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés.
Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.
Toulon et Marseille libérées
Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône et font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.
Pour les Français, le plus dur reste à faire. À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht. Ils ne se rendront que le 26 août. À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais les Allemands, au nombre de 20 000, ne cesseront la résistance que le 28 août.
Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.
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22 août 1944: La libération de Béziers

Le quartier du Faubourg commémore ce vendredi 22.08.2014 “La Libération de Béziers”. Des habitants se rappellent encore de ce 22 août 1944.

C’était dans l’après-midi du 22 août 1944. Ginette Mazel, huit ans, vit rue d’Austerlitz chez ses cousins, partis eux à Montauban. C’est la valse des logements. Le Faubourg, Saint-Jacques et Saint-Nazaire ont été vidés de leurs habitants par les Allemands qui y établissent leurs quartiers d’occupation. Ginette et ses parents ont dû déménager de la rue du Pont-Vieux, barrée à l’accès par un haut mur.
Dehors, l’enfant entend la débâcle, des cris, des coups de fusils. L’ennemi est en train de quitter Béziers. “On était seuls avec mon frère et ma maman. Mais Marie se taisait, elle avait peur et ne voulait pas le montrer, on est resté cloîtré chez nous”. Le papa, soudeur, a attrapé la tuberculose pendant la guerre et se soigne au sanatorium depuis des mois.
Le petit Fonoll abattu à 14 ans
“On ne savait pas trop ce qui se passait. Je n’ai su que bien après au patronage à Saint-Jude, par sa sœur que le petit Fonoll avait été tué en montant sur les barricades”. Louis Fonoll avait 14 ans. L’âge de Louis Cabrol, à cette époque. “Ils ont tué Fonoll. Il était scout et a voulu secourir les gens. On lui a érigé une stèle car il a sacrifié sa vie pour ramasser du monde. Il a été abattu. Les Allemands étaient nargués. On se moquait d’eux, on leur faisait des bras d’honneur et ils tiraient sur tout ce qui bouge”.
Rue Barbaira, avec un copain, ils installent un miroir pour voir les Allemands passer sans devenir la cible de cet ennemi en défaite et revanchard. Le papa de Louis Cabrol est policier. Il est cantonné au poste. Louis a été embauché l’été chez un boulanger. “Cet après-midi-là, on traînait par là, beaucoup allaient vers les Allées et quand on a entendu tirer, tout le monde est rentré chez soi”.
“Je n’ai pas peur de la mort”
Louis voit les Allemands partir. Lui habitait à Saint-Vincent-de-Paul. “Ils partaient par petits groupes, à pied, à moto, en voitures ou en camions, empruntaient l’avenue Clemenceau pour rejoindre la nationale 9”.Quand on leur demande s’ils se rappellent de ce 22 août, Ginette comme Louis répondent d’abord non, comme un réflexe. Puis les souvenirs remontent, pas si enfouis que cela. Ils les ont marqués à jamais.

Ginette n’a jamais eu peur de la mort : “D’abord on était croyant et la mort ne nous était pas présentée comme quelque chose de définitif. Et puis on voyait tant de des gens souffrir et des enfants martyrisés. Alors la mort, nous était presque familière. Encore maintenant, je n’en ai pas peur”.
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Béziers : ils n’avaient que 20 ans et l’amour de la France

Georges Fontès et le Colonel Jean-Baptiste Durand, deux destins croisés
(Archives P.S.)
21.8.2015 – A l’occasion du 71e anniversaire de la libération de Béziers, deux résistants se souviennent de leur parcours.
Georges Fontès, 91 ans, et le colonel Jean-Baptiste Durand, 95 ans, n’ont pas directement participé à la libération de Béziers le 22 août 1944. Mais leur engagement – honoré aujourd’hui à l’occasion du 71e anniversaire – est celui de deux jeunes Biterrois qui n’ont pas hésité à prendre les armes contre les Allemands. Et pour la patrie. La guerre, ils ne l’ont pas vécue de la même façon.

Pour le premier, d’un milieu modeste et qui a longtemps continué à travailler à la Mutualité, à Béziers, elle n’a véritablement commencé qu’à la Libération. “Il était évident, pour moi, qu’elle impliquait de se mettre à disposition de l’armée “, raconte l’ancien secrétaire d’État aux Anciens combattants et ex-maire de Béziers, formé à Castres et pourchassant ensuite l’ennemi jusqu’à sa capitulation, le 8 mai 1945.
Le second, d’une famille de militaires, est une figure de la Résistance, agent de liaison de l’Armée secrète, liquidateur et chef du secteur de Capestang. L’un des rares rescapés de l’embuscade tendue par les Allemands au col de Fontjun, le 6 juin 1944. “Au volant de la voiture, j’ai foncé dans le tas, se souvient le Colonel Durand, nom de code “ Roch”, il y avait le ravin, les Allemands tiraient, un véritable miracle de m’en être sorti !”
“On ne s’est jamais posé la question de savoir pour qui on allait se faire trouer la paillasse”
Le point commun à ces deux destins, qui ne se croiseront que plus tard : un engagement inconditionnel qui les verra désobéir pour mieux agir. “On ne s’est jamais posé la question de savoir pour qui on allait se faire trouer la paillasse, confie Georges Fontès, ce sentiment de devoir, ce patriotisme, c’est un peu comme l’amour, ça ne s’explique pas cette histoire-là”, pose celui qui – appelé à faire l’armée en Allemagne (début 1944) – s’est mis en absence illégale “en attendant un signal du Maquis”. “J’ai considéré comme une obligation fondamentale, après m’être mis à disposition de la Résistance, de m’engager dès que j’ai pu le faire”, explique-t-il.
Le 20 août, le jeune Fontès s’engage à Castres où il est formé avant de monter en ligne à la poursuite d’Allemands sur le reculoir. Et qu’il avoue détester à l’époque. Souvenir de guerre : “Au Planois (Vosges), j’étais tireur au fusil-mitrailleur, mon sous-officier (un certain Maieubio) était en contrebas quand on a entendu un sifflement. “Les boches sont là !” Ça tirait de partout, j’ai entendu des gars hurler. Maieubio était tombé sur la route, terrifié, on ne saura jamais si les Allemands l’ont achevé au poignard par cruauté ou pour abréger ses souffrances …”
“La guerre est une chose horrible qui vous imprègne à vie”, commente-t-il. Elle hante encore les nuits du colonel Durand. Lui a déserté l’armée de l’Air pour rejoindre la Résistance. “La poignée de main de Pétain à Hitler a fini de me convaincre”, explique celui qui n’a cessé de harceler les troupes allemandes, faisant exploser des trains, participant à la libération de Perpignan et Saint-Pons.
“Je suis arrivé à Béziers, la ville était déjà libérée “… La France – forte de ces jeunes capables de mourir pour elle – devait encore patienter quelques mois.
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Source:
http://www.midilibre.fr – Annick Koscielniak 21.8.2014 / Christophe Castieau 21.8.2015 / Emmanuelle Boillot 27.1.2023 / Guilhem Brunet 22.8.2023
https://www.39-45.org – Libération de Béziers